Les derniere infos de juin 2018

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Comment faire disparaître un problème: L'allemand Bayer annonce la suppression de la marque Monsanto

Le groupe allemand de pharmacie et d'agrochimie Bayer a annoncé lundi qu'il allait supprimer la marque Monsanto après l'acquisition du géant américain des OGM et des pesticides. Le groupe de Leverkusen a par ailleurs précisé qu'il comptait boucler le 7 juin son rachat de Monsanto, valorisé près de 63 milliards de dollars, ajoutant que toutes les autorisations nécessaires des régulateurs avaient été obtenues. "Bayer demeurera le nom de l'entreprise. Monsanto en tant que nom d'entreprise ne sera pas maintenu", indique un communiqué de Bayer publié lundi. Les marques des produits vendus par Monsanto vont en revanche subsister.



Aucune justification n'est donnée par Bayer pour la suppression du nom Monsanto, alors que depuis l'annonce du projet de mariage avec l'américain à la mi-2016, les défenseurs de l'environnement ont fait pression sur les autorités en organisant des protestations et manifestations à travers le monde. "Nous allons écouter ceux qui nous critiquent et travailler ensemble", mais "le progrès ne doit pas être stoppé en raison d'un renforcement des fronts idéologiques", a déclaré Werner Baumann, PDG de Bayer, dans un communiqué.



L'acquisition de Monsanto, lancée en septembre 2016, est valorisée près de 63 milliards de dollars (53,8 milliards d'euros) en se basant sur la valeur de l'endettement de la cible en février 2018. Les autorités de la concurrence aux États-Unis et en Europe ont déjà donné leur feu vert à l'opération tout en imposant d'importantes cessions d'activités au rival allemand BASF, pour une valeur de près de 9 milliards de dollars (7,7 milliards d'euros) L'ensemble agrochimie de Bayer va totaliser un chiffres d'affaires de près de 20 milliards d'euros, en tenant compte des cessions d'activités à BASF qui pèsent pour environ 2 milliards d'euros de ventes.

Bayer a annoncé dimanche soir procéder à une augmentation de capital de 6 milliards d'euros pour l'aider à financer son achat, en émettant près de 75 millions de nouveaux titres au prix de 81 euros l'unité, la souscription devant avoir lieu entre le 6 et le 19 juin. Des emprunts obligataires pouvant aller jusqu'à 20 milliards d'euros vont par ailleurs boucler le montage financier.



Le rapprochement entre Bayer et Monsanto avait été accueilli au départ avec réserve par les autorités de la concurrence, en raison de la position dominante qu'aura la nouvelle entité en matière de produits agricoles.

LE DIPLÔME D'HERBORISTE BIENTÔT DE RETOUR EN FRANCE ?

C'est un premier pas que vient de franchir cette mission d'information du Sénat : étudier la possibilité de rendre ses lettres de noblesse au métier d'herboriste.

En 1941, le diplôme d’herboriste a été supprimé. L’Association générale des pharmaciens de France obtenait ainsi le monopole de la vente des plantes médicinales. Depuis, les vendeurs de plantes n’ont plus le droit de présenter leurs tisanes comme des remèdes pouvant soigner, au risque d’être poursuivis pour exercice illégal de la pharmacie. Une mission de sénateurs souhaite aujourd’hui plancher sur le renouveau de l’herboristerie.

L’herboristerie consiste en la cueillette, la préparation et la vente de plantes médicinales séchées et de produits dérivés (tisanes, décoctions, teintures-mères, etc). Depuis la nuit des temps, l’être humain utilise les plantes pour se soigner ; des traces de tels usages remontent à la préhistoire.
Crédit photo : Selbymay et Xsuividunp – Wikipédia Commons

En Mésopotamie, un premier code régulait l’usage des plantes et, aux environs de 1334, un traité arabe répertoriait les différentes plantes médicinales connues à l’époque. Mais ce n’est qu’au Moyen-Âge que le métier d’herboriste fait son apparition, pour mieux disparaître en 1941, lorsque le diplôme est supprimé sous la pression des pharmaciens. Pour un catalogue de 1 500 plantes médicinales, les vendeurs de plantes d’aujourd’hui ne sont plus autorisés qu’à la vente de 148 végétaux.

Martine Blaize-de Peretti, dernière de la dynastie des herboristes Blaize à Marseille, rappelle au journal La Provence l’importance de s’adresser à un professionnel compétent pour tout ce qui concerne les plantes. Toutefois, elle déplore la disparition de la transmission des savoirs concernant leur ramassage, leur conservation et leur transformation.

C’est justement ce sur quoi une mission d’information du Sénat souhaite travailler. Composée de 27 membres de différentes orientations politiques, elle est présidée par Corinne Imbert, Sénatrice LR de Charente-Maritime. Présent le 18 avril dernier au Congrès des herboristes de Bayonne, le sénateur Joël Labbé en a présenté les grands objectifs :

« Nous allons remettre à plat tous les enjeux de l’herboristerie de façon à avancer pas à pas vers un consensus et redonner un cadre légal à l’exercice de cette profession.

Jusqu’à fin juillet, l’objectif est de bien cerner les différents aspects de cette problématique, en regardant aussi la situation spécifique outre-mer, par exemple à La Réunion ou en Guyane, qui connaissent une tradition spécifique de la médecine par les plantes. Il me semble aussi important d’auditionner les professionnels des pays qui ont trouvé une solution. Je pense au Canada, mais aussi à la Belgique, à l’Allemagne où l’herboristerie bénéficie d’un vrai statut. »

Dans les prochaines semaines, la mission d’information procèdera à une série d’auditions de producteurs de plantes médicinales, d’herboristes de comptoir et de pharmaciens. Elle devrait rendre son rapport fin septembre, ce qui n’est pas du goût de tout le monde : l’Ordre des Pharmaciens s’oppose fermement à la renaissance de la profession d’herboriste. À noter que plusieurs membres de cette mission sont également pharmaciens.

Face à la demande grandissante en information des consommateurs, espérons que ce rapport permettra de faire avancer la cause des herboristes.

Guatemala: Eruption du volcan Fuego à Antigua: 2 500 morts, de très nombreux disparus

Dernier bilan: 25 morts, de nombreux disparus (officiel)

2 500 morts (officieux)
Le volcan Fuego, situé à 35 kilomètres de la capitale Guatemala a projeté de la lave et des cendres sur une vaste zone, tuant des dizaines de personnes.

Au moins 25 personnes ont été tuées et 20 autres blessées dimanche au Guatemala par l’éruption du volcan Fuego, qui a projeté de la lave et des cendres sur une vaste zone.

Le volcan, haut de 3 763 mètres et situé à 35 kilomètres au sud-ouest de la capitale Guatemala, a entraîné l’évacuation de milliers de personnes et la fermeture de l’aéroport international. Les colonnes de cendres émises par le volcan ont dépassé l’altitude de 2 200 mètres au-dessus du cratère, selon l’Institut de volcanologie du Guatemala.


L’éruption a touché notamment des communes rurales proches du volcan et la cité coloniale d’Antigua, le plus important site touristique du Guatemala. "Le bilan à 21 heures ce dimanche (4 heures françaises) est de 25 morts", selon la protection civile.



Des images diffusées sur les télévisions et sur les réseaux sociaux montrent une immense nuée de cendres qui descend du volcan et recouvre une route tandis que des habitants et des membres des équipes de secours fuient en courant.

Euthanasie: en Belgique depuis 16 ans, on élimine à la pelle !

La société belge se dirige vers une optique utilitariste d’éradication des mal portants.


La loi du 28 mai 2002 a permis aux médecins belges « mettant intentionnellement fin à la vie d’une personne à sa demande » de se voir exonérer de toute poursuite pénale. À l’époque, il ne s’agissait pas vraiment de reconnaître un droit du patient à se voir euthanasier, juste de protéger les médecins. En 2002, 259 personnes avaient vu leur fin de vie abrégée à leur demande. Seize ans après, c’est plus de 2.000 cas officiels d’euthanasie légale (six Belges sont euthanasiés tous les jours).

Ces chiffres sont encore en deçà de la réalité car en Belgique, les euthanasies clandestines demeurent nombreuses (27 % en Flandre et 42 % en Wallonie). Plus grave : selon un rapport de l’Observatoire français de la fin de vie, il arrive que des patients soient euthanasiés à leur insu (jusqu’à 1,8 % des décès).

Au point que la présidente de la commission fédérale chargée de contrôler a posteriori le bien-fondé des euthanasies, le docteur Herremans, a récemment déclaré : « S’il fallait, en Belgique, juger tous les docteurs Bonnemaison (en référence à ce médecin jugé en France pour avoir illégalement abrégé la fin de vie de ses patients), les cours d’assises seraient pleines. » L’efficacité de cette institution de contrôle est douteuse ; il aura fallu attendre 2015, soit quatorze ans après le vote de la loi, pour qu’un dossier « litigieux » soit transmis au parquet (sur 8.000 dossiers examinés).

De quoi nourrir les inquiétudes de ceux qui pensent à raison que la société belge se dirige vers une optique utilitariste d’éradication des mal portants, en occultant les souffrances des familles, des médecins, et le rôle de soignants.

L’évolution constante du nombre de décès par euthanasie dans le pays est le fruit de l’évolution de sa législation et de ses pratiques. Même la « souffrance psychique constante, insupportable et inapaisable » est un des critères suffisants pour que les médecins abrègent la vie des patients.

On a vu un détenu malade, condamné à une lourde peine de prison, être euthanasié à sa demande. Ann G., victime d’abus sexuels et souffrant d’anorexie, a été « autorisée à mourir » à 44 ans.

Tout comme Nathan Verhest, qui ne supportait plus l’échec de son opération de changement de sexe. Idem pour Tine Nys, 38 ans, euthanasiée après une rupture amoureuse.

S’ajoute à cela que, depuis 2014, l’autorisation d’euthanasie a été étendue aux mineurs qui en font la demande sans limite d’âge à condition qu’ils aient « la capacité de discernement ». Des pédiatres ont eu beau protester, deux enfants ont eu leur vie abrégée « à leur demande ».

Les tenants du droit à mourir ne veulent pas en rester là ; plus d’une vingtaine de propositions de loi ont été déposées depuis 2002 pour simplifier les processus. Il est question de supprimer l’objection de conscience du personnel soignant pour les obliger à pratiquer l’euthanasie malgré eux.

Le concept de l’« euthanasie altruiste » fait également son chemin en Belgique ; depuis 2005, les organes d’une quarantaine de personnes euthanasiées ont été prélevés. Certains y voient une aubaine pour faciliter les prélèvements d’organes sur ces candidats à la mort programmée et souhaiteraient encourager la pratique.

La Belgique est un des trois pays d’Europe à avoir admis l’euthanasie aussi largement. Selon le Pr Didier Sicard, elle se sent bien seule et multiplie les opérations de lobbying pour que la France se mette au diapason. Le Portugal résiste encore : une proposition de légalisation de l’euthanasie vient d’être rejetée à une très courte majorité.

Japon : 333 baleines tuées au cours d'une expédition de 4 mois, les associations scandalisées

« Macabre et inutile ». C'est ainsi que les défenseurs des animaux ont dénoncé la très controversée expédition annuelle dans l'Antarctique de pêcheurs japonais au cours de laquelle 122 baleines de Minke enceintes ont été tuées.

Durant cette campagne de quatre mois, qui s'est terminée fin mars, 333 baleines au total ont été capturées, dont 122 se trouvaient en période de gestation tandis que des dizaines d'autres étaient immatures, selon un rapport soumis par les autorités à la Commission baleinière internationale (CBI) le mois dernier.

L'objectif douteux de ces expéditions

L'organisation de protection des animaux Humane Society International a jugé ces chiffres « choquants », y voyant « un triste témoignage de la cruauté de la chasse à la baleine japonaise ».

« C'est une nouvelle preuve de la nature réellement macabre et inutile de la chasse à la baleine, alors qu'il est avéré que des recherches non létales sont suffisantes pour des visées scientifiques », a jugé une des responsables du groupe, Alexia Wellbelove.

Le Japon, signataire du moratoire de la CBI sur la chasse aux baleines qui date de 1986, affirme la pratiquer pour effectuer des recherches. Mais une grande partie de la viande est ensuite écoulée sur le marché.

700 ruches mortes en Dordogne fin mars... 3 000 aujourd'hui. Une catastrophe naturelle annoncée

L'Union européenne a voté la semaine dernière l'interdiction pour 2019 de trois pesticides néonicotinoïdes utilisés pour protéger les cultures agricoles. Des produits accusé de causer la disparition des abeilles... Nécessaire, mais sans doute loin d'être suffisant et sûrement trop tardif.

En trente ans, près de 80 % des insectes volants auraient disparu d'Europe. Et parmi les victimes les plus "visibles", les abeilles dont les hécatombes récentes ne cessent d'inquiéter les apiculteurs. Fin mars, les apiculteurs de Dordogne avaient dénombré 700 ruches désertées, vides de tout occupant. Aujourd'hui il y en aurait 3 000 !

Après de précieuses années perdues en débats et batailles d'experts, l'interdiction de trois néonicotinoïdes reconnus dangereux pour la survie des précieux insectes a été prononcée par Bruxelles, mais n'entrera en vigueur qu'en 2019. L'Union Européenne s'appuie sur des évaluations négatives de l'Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa), publiées en 2013 et confirmées en février dernier.
Décision tardive, mais décision quand même. Que l'Union Européenne vienne d'interdire ces trois pesticides dangereux reste une bonne nouvelle pour les apiculteurs, désespérés de constater, impuissants, les disparitions vertigineuses de leurs ruches.

Ces pesticides néonicotinoïdes s'attaquent au système nerveuxdes abeilles au moment où celles-ci butinent des champs traités. Évidemment pas le but premier recherché par les agriculteurs qui apprécient en revanche la protection contre les parasites des récoltes, qu'ils proviennent du sol ou des airs. Un engouement bien sûr encouragé par les industriels...

Est-ce pour autant la fin du cauchemar pour les insectes ? C'est malheureusement loin d'être sûr. D'autres molécules sortent régulièrement sur le marché, trop vite pour être testées. Et les autres néonicotinoïdes sont de toute façon encore autorisés et largement utilisés. Et comme si ces produits ne suffisaient pas, le 15 avril dernier dans une tribune publiée dans Libération des scientifiques et des chercheurs du CNRS, INRA et de l'Inserm alertaient la population et les pouvoirs publics sur les risques potentiels de fongicides SDHI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase) utilisés "à grande échelle" en agriculture pour détruire les moisissures qui se développent sur les céréales ou les fruits et qui se retrouvent dans la nourriture. Une substance qui bloque une étape de la respiration des champignons, et qui pourrait affecter les cellules de tous les êtres vivants, voire modifier l'ADN humaine... Nous vivons une époque formidable... où le progrès fait rage..

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Culture du cannabis en Belgique: Maggie De Block ouvre une première porte vers la légalisation!

Maggie De Block, la ministre de la Santé publique, serait sur le point de légaliser l’huile de cannabis thérapeutique, a déclaré Nele Lijnen (Open VLD), à nos confrères de Het Laaste Nieuws.
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« Maggie De Block est en train de régler les derniers détails d’un arrêté royal à ce sujet », a déclaré Nele Lijnen à Het Laaste Nieuws. L’annonce d’une future légalisation de l’huile de cannabis thérapeutique a été faite dimanche soir, lors d’une marche organisée en faveur de cette cause au Limbourg. À la tête de cette campagne, Jean Pierre Voncken et Ula Milata. Ce couple se bat depuis trois ans pour que leur fille puisse consommer de l’huile de cannabis légalement. En effet, Sofie, âgée de 9 ans souffre d’une forme d’épilepsie.

Et le remède miracle pour soulager les crises qui la tourmentent, c’est l’huile de cannabis. Karen Damen, une chanteuse flamande très populaire dans le nord du pays, était également de la partie dimanche soir, lors de la marche pour la légalisation du cannabis. « C’est incompréhensible que les gens doivent rester dans l’illégalité alors qu’ils veulent aider un être cher », a-t-elle déclaré. Le cannabis pourrait donc bientôt être cultivé.

► La première plantation de cannabis d’Europe pourrait être installée en Belgique
Un projet de culture de 5 tonnes

L’entreprise limbourgeoise Rendocan a pour projet de produire légalement cinq tonnes de cannabis thérapeutique par an, à Kinrroi, tout près de la frontière hollandaise.

« Nous nous considérons comme une entreprise de biotechnologie et la production de notre valeur ajoutée passe par le développement de nouvelles semences », explique Steven Peters pour Rendocan.

Mais pour cela, le cadre juridique doit être adapté. C’est là que l’intervention de Maggie De Block (Open VLD) pourrait devenir déterminante.

Le traitement du dossier est en cours au cabinet de la ministre de la Santé. « Mais plusieurs nœuds gordiens doivent encore être dénoués et nous préférons ne pas en dire davantage pour l’instant », précisait-elle début mai.

Dans l’attente, l’entreprise a déclaré : « Le jour où nous obtenons le feu vert, nous donnerons le premier coup de pioche. »

Agnès Buzyn : le cannabis thérapeutique pourrait arriver en France

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, était ce matin l’invitée du Grand Entretien de France Inter. Interrogée sur l’intérêt du cannabis thérapeutique après le témoignage d’un malade souffrant de douleurs neuropathiques, elle a indiqué qu’il « pourrait arriver en France ».

«  La France a pris du retard au sujet des recherches sur le cannabis médical. Il n’y a aucune raison d’exclure le cannabis pour traiter ces douleurs. Ça pourrait arriver en France.  »

Elle a ajouté avoir « demandé aux différentes institutions qui évaluent les médicaments de me faire remonter l’état des connaissances sur le sujet, parce qu’il n’y a aucune raison d’exclure, sous prétexte que c’est du cannabis, une molécule qui peut être intéressante pour le traitement de certaines douleurs très invalidantes. »

Dans quel timing ? « Je ne peux pas vous dire à quelle vitesse nous allons le développer mais en tous les cas, j’ouvre le débat avec les institutions responsables de ce développement » a-t-elle complété.

C’est la première fois qu’une déclaration aussi nette est faite par la ministre de la Santé à ce sujet. Il faut ajouter que le cadre législatif français autorise depuis 2013 l’utilisation de cannabinoïdes en médecine mais qu’à ce jour aucun médicament n’est disponible.

En Europe, tous nos voisins autorisent d’une manière ou d’une autre la consommation de cannabis médical.

Après les punaises diaboliques, les frelons asiatiques ou les écureuils de Corée, les vers géants envahissent la France

Différentes espèces de Plathelminthes terrestres ont envahi les jardins français. Passant de continent en continent via le transport de plantes, ils menacent la biodiversité en France et en outre-mer. Mais grâce à des chercheurs et à la participation du public, l'invasion a pu être reconnue.

Cet article est publié en collaboration avec les chercheurs de l’Isyeb (Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité, Muséum national d’histoire naturelle, Sorbonne Universités). Ils proposent chaque mois une chronique scientifique de la biodiversité, "En direct des espèces". Objectif : comprendre l’intérêt de décrire de nouvelles espèces et de cataloguer le vivant.

Une des conséquences de la mondialisation et de l’accroissement des échanges internationaux de marchandises est l’introduction d’espèces exotiques envahissantes. En France, on a ainsi vu arriver récemment la punaise diabolique, le frelon asiatique et l’écureuil de Corée, et aussi les Plathelminthes terrestres tels que Platydemus manokwari (depuis la Nouvelle-Guinée) ou Obama nungara (depuis l’Amérique du Sud).

Ces Plathelminthes terrestres, qui passent de continent à continent avec les transports de plantes, sont généralement des animaux d’une taille modeste, environ 5 cm : ils tiennent dans la main – quoique ce soit une mauvaise idée de les toucher. Parmi les Plathelminthes terrestres, il existe toutefois un groupe d’espèces géantes, qui ont toutes la tête "en marteau" : les bipaliinés, appartenant aux genres Bipalium et Diversibipalium. Les plus grands peuvent atteindre 1 m de long, et leur continent d’origine est l’Asie.

40 centimètres de long

Notre équipe vient de publier les résultats d’un travail de cinq ans basé sur la science participative. Un immense merci à tous les citoyens qui nous ont envoyé des photographies et aussi des spécimens. Plus de 700 signalements de Plathelminthes terrestres ont été reçus, et parmi ceux-ci, plus de 100 concernaient des bipaliinés. Deux des espèces présentes en France, et parfois très abondantes, peuvent atteindre 40 cm de long ! Quarante centimètres – représentez-vous cela avant de continuer la lecture : si vous lisez ceci sur un PC portable, c’est plus que la diagonale de votre écran…

Les Plathelminthes terrestres consomment des animaux de la faune du sol, et à ce titre posent une menace pour la biodiversité des sols et leur équilibre écologique. Les Bipalium sont des prédateurs de vers de terre, capable de tuer et manger des proies beaucoup plus grandes qu’eux. Pour tuer leurs proies, les Bipalium possèdent un armement chimique incluant la tétrodotoxine, un des neurotoxiques les plus puissants au monde, mille fois plus actif que le cyanure (la tétrodotoxine est le poison des fameux poissons Fugu).

Alors que cette enquête était à l’origine destinée uniquement à la France métropolitaine, nous avons reçu des témoignages de science participative des territoires français d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Saint Martin, Saint Barthélemy, Guyane française, Réunion, Mayotte, Polynésie) et aussi de Suisse, Monaco et Portugal. De manière inattendue aussi, les témoignages de science participative remontent à 20 ans en arrière, car les citoyens bénévoles nous ont envoyé des photographies et même des vidéos, le plus ancien datant de 1999.



Photos de vers envoyés par des citoyens bénévoles.Photos compilées par Jean Lou Justine, CC BY-SA

En France métropolitaine, les deux espèces qui dominent sont Bipalium kewense et Diversibipalium multilineatum ; ces deux espèces peuvent atteindre 40 cm de long. Curieusement, Bipalium kewense a aussi été trouvé en Guadeloupe, Martinique et Guyane française. Une espèce relativement petite, Bipalium vagum, a été trouvée dans plusieurs îles des Antilles, en Guyane Française et à La Réunion, mais pas en France métropolitaine. Une espèce inconnue, Diversibipalium"noir", a été trouvée en France, dans une seule localité. Une espèce probablement nouvelle, Diversibipalium "bleu" a été trouvée seulement à Mayotte ; cette espèce est particulièrement spectaculaire par sa couleur irisée turquoise.



Diversibipalium « bleu », trouvé seulement à Mayotte.Laurent Charles, CC BY-SA

Les Pyrénées-Atlantiques, un petit paradis pour vers géants

En France métropolitaine, la plupart des bipaliinés ont été trouvés dans le sud, mais très curieusement, près de la moitié des signalements proviennent d’un seul département : les Pyrénées-Atlantiques, surtout dans la partie côtière entre Bayonne et la frontière espagnole. Les Plathelminthes terrestres, qui viennent des régions semi-tropicales d’Asie, ont deux ennemis : le froid en hiver et la sécheresse en été. Il semble que les Pyrénées-Atlantiques, avec leur hiver doux et leur été jamais tout à fait sec, constituent un petit paradis pour eux !



Carte des signalements de bipaliinés en France métropolitaine, obtenue grâce aux sciences participatives.Jessica Thévenot

Nos études moléculaires basées sur le gène de la Cytochrome Oxydase I montrent que les espèces trouvées dans plusieurs localités dans le monde sont parfaitement homogènes du point de vue génétique, même quand les spécimens proviennent de plusieurs continents. Ces espèces ne pratiquent pas la reproduction sexuée et chaque individu est donc un clone de son parent : un petit morceau se détache à l’arrière de l’animal et se transforme en adulte, un phénomène appelé scissiparité. La reproduction asexuée est un moyen pour une espèce invasive d’envahir rapidement un territoire. Cela signifie aussi que chaque ver est potentiellement immortel.

Les scientifiques se doivent de s’y intéresser

Quand nous avons commencé ce travail, en 2013, nous avons fait ce que fait tout scientifique au début d’une nouvelle recherche : chercher la bibliographie, c’est-à-dire les articles écrits par d’autres scientifiques sur le sujet. À notre grand étonnement, nous n’avons presque rien trouvé sur ce sujet en France, alors que l’invasion a commencé il y a plus de vingt ans. Il semble paradoxal que l’invasion d’un pays développé, en Europe, par des animaux aussi spectaculaires et bien visibles, et potentiellement dangereux pour la biodiversité, n’ait attiré l’attention d’aucun scientifique ni d’aucune institution.



Bipalium vagum, présent dans la plupart des territoires français en zone tropicale, photographié ici en Guyane Française.Sebastien Sant, CC BY-SA

Les citoyens rapportent parfois avoir amené les animaux dans des centres de recherche, ou des universités, et avoir été renvoyés gentiment avec des identifications fantaisistes (« ce sont des sangsues, aucun intérêt »). Il est clair qu’un effort d’enseignement doit être fait au sujet des Plathelminthes terrestres. Cela dit, ceux qui ne les connaissaient pas il y a 20 ans avaient une excuse – avant, ils n’étaient pas là.

McDonald's épinglé par un nouveau rapport

Trois ans après les premières révélations du rapport «Unhappy Meal» sur les méthodes d’optimisation fiscale employées par Mcdonald’s, une nouvelle étude dénonce les montages financiers du groupe.

En 2015, trois syndicats européens et américains révélaient comment McDonald’s avait évité de payer environ 1 milliard d’euros d’impôts grâce à un circuit d’optimisation fiscale. Le groupe s’était alors retrouvé sous le coup de plusieurs enquêtes de l’Union européenne et de la France, conduisant Bercy à notifier McDonald’s en avril 2016 d’un redressement de 300 millions d’euros. Trois ans plus tard, loin d’être rentré dans le droit chemin, le géant du fast-food a mis en place de nouvelles stratégies d’évasion fiscale. C’est ce que dévoile un nouveau rapport des trois mêmes syndicats (la Fédération syndicale européenne des services publics, la Fédération européenne des syndicats de l’alimentation, de l’agriculture et du tourisme, et l’Union internationale des employés des services), Unhappier Meal,publié ce lundi.

 

Bénéfices non taxés

L’enquête de l’Union européenne s’était concentrée sur une des multiples filiales de McDonald’s au Luxembourg : McDonald’s Europe Franchising SARL. Elle servait à collecter tous les bénéfices du groupe en Europe pour ensuite les transférer à une antenne aux Etats-Unis. Deux décisions de justice de 2009 ont permis ce circuit d’évasion. La première exemptait d’impôts les bénéfices collectés au Luxembourg, selon le principe qu’ils seraient taxés aux Etats-Unis. Elle reposait sur une «convention relative à la double imposition», qui a pour but d’éviter que les entreprises payent deux fois l’impôt.

Le problème, c’est que les bénéfices n’ont jamais été taxés aux Etats-Unis, car la filiale américaine n’était pas imposable aux yeux de la législation locale. Retour, donc, devant la justice luxembourgeoise. Or celle-ci a décidé de maintenir l’exemption. Les autorités luxembourgeoises savaient donc que les bénéfices de la filiale de McDonald’s n’étaient pas du tout taxés.

Selon le rapport Unhappy Meal (publié en 2015), McDonald’s Europe Franchising SARL a payé un total de 16 millions d’euros d’impôts (autres que sur les bénéfices) entre 2009 et 2013, alors qu’elle a enregistré 3,7 milliards de bénéfices. De sa création en 2009 jusqu’en 2015, dernière année pour laquelle les données sont disponibles, son taux d’imposition n’a fait que chuter, pour finalement atteindre 0,7%.

Grande opacité

Le rapport publié lundi révèle qu’en décembre 2016, McDonald’s Europe Franchising SARL a transféré son siège du Luxembourg à son antenne américaine, dans l’Etat du Delaware, où la législation permet une grande opacité au nom du secret des affaires. Les entreprises ne sont pas obligées de rendre publics leurs rapports financiers annuels. Au passage, McDonald’s Europe Franchising SARL est renommée McDonald’s Europe Franchising LLC, et ouvre des succursales en Suisse et au Royaume-Uni. C’est la filiale britannique qui est maintenant chargée de collecter les bénéfices. Le choix n’est pas anodin : quelques mois auparavant, le gouvernement britannique annonçait une baisse de son taux d’imposition des entreprises, devenant l’un des plus bas taux d’Europe. Le déménagement vers le Royaume-Uni, quelques mois après le référendum du Brexit, permettrait aussi à McDonald’s d’échapper à la surveillance de l’Union européenne, selon le rapport.

Une fois effectuée cette restructuration, McDonald’s a dissous les succursales luxembourgeoises qui possédaient McDonald’s Europe Franchising SARL. Conséquence : la structure sur laquelle enquêtait l’Union européenne n’existe plus. McDonald’s a également complexifié son organisation, ajoutant un certain nombre de niveaux entre la maison mère et ses filiales européennes. Cela, ajouté à la relocalisation au Delaware, a rendu les finances de McDonald’s encore plus opaques. Il est désormais impossible d’accéder à ses rapports annuels. Mais les syndicats estiment que McDonald’s a évité de payer 260 millions d’euros d’impôts en Europe en 2014, et 270 millions en 2015.

Nouveau poison alimentaire en provenance des Etats-Unis, approuvé silencieusement et secrètement en Europe : l'isoglucose

L'industrie ne semble pas avoir eu beaucoup de difficulté à faire approuver une nouvelle substance toxique. Les entreprises essaient depuis des années et soudain, comme par magie, l'isoglucose, nommé sirop de maïs, a été approuvé par l'UE ! Ainsi, à l'insu du public, le marché du sucre et l'industrie des édulcorants a obtenu une nouvelle réglementation.

L'isoglucose est officiellement approuvé comme additif alimentaire depuis octobre 2017. En fin de compte, il s'agit d'un sucre produit artificiellement, même si le maïs en est un composant. L'industrie alimentaire européenne s'efforce de ne pas porter cette information au public afin que les entreprises ne soient pas aussi malmenées que leurs concurrentes aux États-Unis.

Dans ce pays, les clients achètent de plus en plus souvent leurs boissons gazeuses au Mexique, car le sucre de canne, beaucoup plus cher que l'isoglucose, y est encore utilisé. C'est probablement la raison pour laquelle tout a été adopté discrètement et secrètement à Bruxelles. Toutes les restrictions sur ce sucre artificiel ont été levées par l'UE ! A l'avenir, cette substance sera utilisée dans la crème glacée, le chocolat, le pain, les produits de boulangerie... et et et. Des études récentes montrent que l'isoglucose est particulièrement nocif pour la santé.

La Commission européenne prévoit de tripler la production d'isoglucose en Europe, qui passera de 0,7 million de tonnes à 2,3 millions de tonnes.

Dans l'UE, l'isoglucose, qui est principalement produit à partir du maïs, n'a joué jusqu'à présent qu'un rôle mineur, contrairement à des pays comme les États-Unis et le Canada. En 2017, les producteurs américains pourrons approvisionner le marché européen avec du sucre artificiel, produit principalement à partir de l'amidon de maïs et contenant beaucoup de fructose dangereux. Cela est susceptible de mener a un diabète de type 2, en particulier chez les jeunes.

Depuis 2000, la consommation d'isoglucose aux États-Unis diminue rapidement pour des raisons de santé. Pour cette raison, de nombreuses usines ont dû fermer. Avec ce nouvel essor en Europe, l'isoglucose (fabriqué à partir des produits américains de Monsanto) est maintenant importé pour répondre à la demande.

On peut se demander si on pourra l'éviter sur le long terme, car il est utilisé de partout !

J'ai examiné certains produits et il est déjà présent dans la plupart d'entre eux. Dans le passé, "sucre" était écrit sur le contenu. Maintenant c'est l'isoglucose qui est mentionné sous l'appellation sirop de glucose-fructose ou sirop de fructose-glucose !

La plupart des fabricants de boissons gazeuses utilisent beaucoup de sirop de maïs contenant du fructose pour sucrer leur boisson, qui est produit à partir de céréales OGM, transformée industriellement et mélangée à des produits chimiques pour devenir un sirop sucré. Par exemple, une bouteille de Coca-Cola contient 65 grammes d'isoglucose (sirop de fructose-glucose).

L'UE prévoit l'utilisation de 2 millions de tonnes par an d'ici 2023. Cela signifie que 2 millions de tonnes de sucre de canne en moins seront importées des pays africains, ce qui entraînera une nouvelle vague de pauvreté et de réfugiés.

Le fructose produit artificiellement a plus d'effets négatifs sur la santé que le sucre ménager. Ce sont les résultats d'une nouvelle étudepubliée dans Journal of Nutrition.

L'augmentation de l'obésité aux États-Unis depuis les années 1970 a été accompagnée d'une augmentation générale de la consommation de sucre et d'un passage du sucre cristallisé au sirop de maïs à haute teneur en fructose.

Une expérience animale avec des souris a également montré les effets nocifs : 40 souris ont été divisées en 2 groupes. Certaines ont reçu 25 % de leurs besoins caloriques quotidiens en sucre cristallisé et d'autres en fructose. Le taux de mortalité dans le groupe fructose a été deux fois plus élevé et leur descendance a diminué de 26 %.

La consommation de fructose aux États-Unis a augmenté de plus de 1000 % entre 1970 et 1990. L'étude attribue la résistance à l'insuline, le diabète de type 2, l'obésité et les maladies cardiovasculaires à la forte consommation de sucre ajouté dans l'alimentation.

Tout cela et plus encore est aussi un petit aperçu du PTCI (TTIP en anglais) quand il arrivera. Les négociations secrètes sont déjà en cours.

Bonne appétit !

Les données de 3 millions d'utilisateurs Facebook exposées

Des chercheurs de l'Université de Cambridge ont téléchargé sur un portail partagé les données de 3 millions d’utilisateurs de Facebook. Ils ont verrouillé l'accès aux données avec un nom d'utilisateur et un mot de passe. Mais des étudiants ont ensuite posté les informations de connexion en ligne.

Cela a exposé les données à quiconque faisait une recherche rapide sur le Web pour trouver le nom d'utilisateur et le mot de passe, selon un rapport publié lundi par New Scientist.
Données accessibles via un portail non sécurisé

L'incident fait écho au plus grand scandale impliquant à la fois Facebook et des chercheurs affiliés à l'Université de Cambridge. Une société de conseil politique, Cambridge Analytica, a obtenu les données de 87 millions d'utilisateurs de Facebook par l’intermédiaire d’un chercheur : Aleksandr Kogan. Celui-ci a partagé des informations collectées à travers un quiz de personnalité Facebook.

Dans le nouvel incident révélé par New Scientist, un groupe différent de chercheurs a collecté des informations sur les utilisateurs avec leur consentement grâce à une application de personnalité, appelée myPersonality, et les a ensuite mises à disposition via un portail Web.

Il y a environ quatre ans, des étudiants ayant accès à l'ensemble de données ont affiché le nom d'utilisateur et le mot de passe en ligne sur le site GitHub. Même si les données ont été rendues anonymes, les experts de la protection de la vie privée estiment qu'il serait facile d'associer les données collectées avec leurs titulaires sur Facebook.

L'application myPersonality a été suspendue le 7 avril. Facebook est alerté de la publication du mot de passe d’accès au portail partagé sur GitHub. Le problème a été signalé dans le cadre du bug bounty mis en place par Facebook concernant les usages abusifs de données.

« Nous avons suspendu l'application myPersonality il y a presque un mois parce que nous pensons qu’elle pourrait avoir violé les politiques de Facebook » a déclaré Ime Archibong, vice-président des partenariats produits de Facebook.

« Nous étudions actuellement l'application, et si myPersonality refuse de coopérer ou échoue à notre audit, nous l’interdirons. » Le réseau social a suspendu environ 200 applications dans le cadre de ses efforts pour traquer les applications qui ne respectent pas ses politiques.

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