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Gilets jaunes : Paris, Rouen, Saint-Nazaire… Voici les points chauds de l’acte 21 de la mobilisation

Les Gilets jaunes ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation samedi pour l'acte 20 du mouvement. Plusieurs interdictions de manifester ont déjà été prises.
Malgré une mobilisation en baisse samedi dernier (33.700 selon le ministère de l’Intérieur, 102.713 selon le Nombre jaune), les Gilets jaunes ne se découragent pas et ont lancé plusieurs appels à manifester sur les réseaux sociaux pour l’acte 21 de la mobilisation entamée le 17 novembre. Pour éviter les violences de l’Acte 18, le gouvernement va mobiliser 6.300 CRS et gendarmes dont 2.000 à Paris. Plusieurs interdictions de manifestations ont également été prises dans certains lieux sensibles de Paris mais aussi en régions.

Deux rassemblements à Paris
Dans la capitale, ce sont deux manifestations qui devraient avoir lieu. La première a été déclarée et autorisée. Elle doit s’élancer de la place de la République à 13h pour rejoindre l’esplanade de La Défense en passant par Neuilly-sur-Seine. Son mot d’ordre, "pour une justice fiscale, sociale et écologique", condamne la "politique néolibérale qui appauvrit la France". La vidéo de présentation de l'événement vise plusieurs sociétés comme la Société générale, Suez, Areva ou Total.

Un autre événement Facebook nommé "Acte 21 Paris Va Bientôt Trembler!" est aussi prévu mais aucun lieu de rassemblement n’a été donné. Une des figures des Gilets jaunes, Maxime Nicolle a confirmé qu’il serait à Paris samedi mais n’a pas précisé le rassemblement auquel il participerait.

Pour contenir d'éventuelles violences, et comme lors des deux précédents samedis, la préfecture de police a pris un arrêté interdisant tout rassemblement "de personnes se revendiquant des 'Gilets jaunes' avenue des Champs-Elysées et dans un périmètre comprenant la présidence de la République et l’Assemblée nationale".

Appel national à Rouen
En régions plusieurs manifestations sont prévues à Dijon, Lyon, Marseille, Nantes, Bordeaux ou Strasbourg. Mais la principale mobilisation pourrait avoir lieu à Rouen où, à l’image des précédents rassemblements à Avignon ou Bourges, un appel national a été lancé. En réaction, la préfecture a interdit les manifestations dans le centre-ville pour le troisième week-end consécutif. Même chose à Caen, où une telle décision est prise pour la première fois.

A Toulouse, l’un des épicentres de la mobilisation, les manifestants appellent à venir "masqué" pour le "carnaval des Gilets jaunes". La place du Capitole a une nouvelle fois été interdite aux manifestations des Gilets jaunes. Enfin, les manifestants de la Haute Corrèze ont appelé à se rassembler à Bort-les-Orgues. Vendredi midi, 1.700 personnes se disaient intéressées par l'événement alors que la commune ne compte que 2.700 habitants.

"Assemblée des assemblées" à Saint-Nazaire
Enfin, à Saint-Nazaire, environ 500 Gilets jaunes, sont attendus dès ce vendredi et pour tout le week-end pour leur seconde "Assemblée des assemblées". Au programme, trois jours de débats autour du mouvement, ses modalités, ses revendications et ses suites. Fin janvier, la première édition de "l'Assemblée des assemblées", organisée à Commercy (Meuse), avait réuni environ 300 personnes représentant 75 groupes locaux.

L'incroyable projet de Bercy qui va rendre vert les gilets jaunes

Bercy aurait trouvé un moyen très astucieux de réduire le déficit grâce à une nouvelle taxe qui en année pleine rapporterait près d'un milliard d'euros. Mais le président n'a pas l'air convaincu, les économistes sont divisés, et des députés voudraient créer des niches fiscales. Récit d'une note hallucinante qui pourrait bientôt signer la fin du gilet jaune sur nos routes. 


"Ils osent vraiment tout à Bercy", se serait emporté le président de la République, parodiant Michel Audiard, le réalisateur des Tontons flingueurs, film-culte de l’hôte de l’Elysée. D’habitude maître de ses nerfs autant que des horloges, l’époux de Brigitte Macron est tombé dans une colère noire en lisant une note rapportée par son conseiller à l’économie, note émanant du ministère de l’Economie dans le quartier de Bercy à Paris.

Mais avant d’en dévoiler le contenu, il faut revenir sur le contexte économique de ce printemps 2019. L’équation budgétaire reste un véritable casse-tête pour le gouvernement. Et ce n’est pas la croissance de 2018 à 1,6 % plutôt que 1,5 % qui y changera grand-chose. Le déficit public et la dette publique restent à des niveaux élevés. Le gouvernement est au pied du mur : il doit réussir à juguler la dépense, tout en réduisant la dette et sans augmenter la pression fiscale. Aussi bien à Bercy, Matignon qu’à l’Elysée, on se souvient que les mouvements observés à l’automne et durant tout le l’hiver sur les ronds-points français sont nés de l’annonce d’une taxe.

La révélation que Bercy travaille à une taxe sur le gilet fluorescent a donc tout du bâton de nitroglycérine. Nous sommes en mesure de vous le révéler : c’est la direction générale du Trésor qui a été à la manœuvre. Investis par Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, leurs ministres de tutelles, les fonctionnaires ont été priés de trouver de nouvelles recettes et, tel Christophe Colomb découvrant le Nouveau monde, ils sont arrivés indirectement à leurs fins. "Il y a en France 33 millions de véhicules particuliers et autant de gilets fluorescents. Et on ne paie que la TVA sur ce gilet",  explique Céline Z… haute fonctionnaire de Bercy qui a travaillé sur ce projet top secret. D’où l’idée particulièrement astucieuse, prouvant la dextérité intellectuelle de la haute administration : en taxant le gilet fluorescent, c’est l’assurance de trouver 33 millions de contribuables. Sauf qu’aujourd’hui tous les Français sont équipés de gilets jaunes.

Il en faut plus pour décourager les hauts fonctionnaires de Bercy. Une astuce a vite été trouvée : il faut rendre le gilet jaune obsolète en décrétant le port d’un gilet vert obligatoire, gilet vert qui sera surtaxé. "Un gilet vert c’est super, s’est aussitôt enthousiasmé Daniel Cohn Bendit qu’on sait pourtant proche d’Emmanuel Macron. Ainsi l’automobiliste fera savoir qu’il est écolo et chaque fois qu’il enfilera son gilet il se souviendra que son automobile est un problème majeur. Et qu’on vienne pas me dire que c’est un truc de bobos, parce que la terre c’est notre avenir je le disais encore à Nicolas Hulot la semaine dernière, en regardant un match de foot….."  (on n’a pas tout écouté).

Daniel Cohn Bendit veut donc imposer un amendement pour que le nouveau gilet soit fabriqué en coton bio et made in France. Outre l'effet d'image, ce choix augmentera la valeur marchande du nouveau gilet, et donc le montant des taxes. Une vraie mine d'or... Certains députés LREM voudraient que les Français nécessiteux, gagnant moins de 7 500 euros par mois, soient exonérés de cette taxe qui leur serait versée via un trop plein sur l'impôt sur le revenu, qui viendrait en déduction du prélèvement à la source sur les six premiers mois de l'année, tandis que les contribuables exonérés recevraient un chèque "gilet" en déduction de leur prime pour l'emploi, minorée toutefois du montant de leurs aides aux logements. Ce afin de maintenir un peu de justice fiscale. 

Bio ou pas, avec ou sans exonération pour les plus fragiles, obliger les Français à s’équiper contribuera à relancer la consommation des ménages et fera rentrer de l’argent dans les caisses de Bercy. Les recette attendues sont entre 100 et 300 millions d’euros, selon la qualité du gilet envisagée. La note a été approuvée et transmise. Et à Bercy, certains ignorant le courroux de Jupiter, réfléchissent déjà à repeindre en noir les triangles de signalisation avec le même objectif : provoquer un renouvellement et faire entrer de l’argent dans les caisses. "Le détecteur de fumée pourrait bientôt devenir obligatoirement arc en ciel", nous a confié un inspecteur de finances tout de gris vêtu, "il faut faire un geste pour les LGBT+".

En attendant, le débat économique pointe et la polémique n’est pas loin. Sylvie Lafleur, membre du collectif des économistes approximatifs, n’a pas attendu longtemps pour réagir devant une caméra qu'elle voit plus souvent que ses étudiants : "Une fois encore ce gouvernement prouve qu’il n’a rien compris aux enjeux économiques et sociaux. Il est urgent de relancer la consommation des ménages en offrant à tout le monde des gilets violets qui seraient financés via la dépense publique qui seule assure la croissance à long terme".

De quoi faire réagir son collègue Robert Dulong, du think tank "Economie suffisante et déconnectée du réel", lui aussi davantage agrégé de BFM que de l'Université : "Bercy a une très bonne idée. Il n’y a que le signal prix qui est opérant quand on maîtrise la dérivée seconde et l’optimisation sous contrainte en dynamique poussée, ce qui, croyez-moi, n’est pas vraiment le cas des économistes approximatifs. Tout ça pour vous dire que l’idée est bonne. Tout le reste, c’est du blabla". Avant de nous confier "si vous pouviez faire passer l’idée qu’un gilet anglais serait plus élégant dans votre article. On ne ressemble vraiment à rien avec ces trucs jaunes, où on ne peut même pas glisser une montre à gousset."

Qui gagnera la bataille ? Personne ne le sait encore. Après son emportement initial, le président Emmanuel Macron se serait laissé convaincre par ses visiteurs du soir, Stéphane Bern et Line Renaud, toujours très écoutés. Le spécialiste de l’anachronisme historique et la chanteuse pré yéyé, ont insisté : "il faut changer la couleur des gilets jaunes", Line Renaud s’est même engagée à chanter une chanson sur les nouveaux gilets verts. "Pour séduire les jeunes de 60 ans, je suis prête à tout", a expliqué l’inoubliable interprète de Ma cabane au Canada.

Une chose est sûre, nous explique un éditorialiste de renom qui préfère rester discret "Avec une seule mesure, Macron réussirait un doublé  : fini les gilets jaunes ringardisés par le nouvel habit vert et bienvenue les recettes excédentaires. Un génie comme lui ne peut pas passer à côté de cette idée majeure ! " A moins que le système D des Français ne l’emporte. Des filières clandestines de fabrication de gilets verts se seraient déjà mises en place et seraient à l’œuvre. Selon nos observations, on trouverait actuellement des gilets verts en vente au pied du métro Barbès à Paris. Ils s’écouleraient à 10 euros les 100 et échapperaient ainsi à la fameuse taxe. Pas de quoi inquiéter ABC Gilets, le fabricant officiel des gilets fluorescents qui annonce avoir reçu une importante commande. Une bonne nouvelle pour l’emploi. L'entreprise prévoit l'ouverture d'un nouveau site pour assurer les cadences de production. 

                                       .Photo Gilet Jaune,Défilé Et Massacre

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Accident ou violence policière ? Les versions divergent sur la blessure à Nice de Geneviève Legay, 73 ans

La militante est tombée lors d’un mouvement de foule à la manifestation de « gilets jaunes » interdite à Nice, samedi.


« J’ai 80 ans, n’en déplaise à Macron, je manifeste » : voilà ce qu’on pouvait lire sur les pancartes place Garibaldi, à Nice, lundi 25 mars au soir. Plusieurs centaines de personnes s’étaient déplacées pour afficher leur soutien à Geneviève Legay, blessée lors d’une manifestation de « gilets jaunes » interdite par la préfecture samedi.

Figure militante locale depuis plus de quarante ans, cette femme de 73 ans portait un gilet jaune à la main en signe de soutien au mouvement quand elle a décidé de braver l’interdiction de manifester sur la place Garibaldi, en plein centre-ville de Nice, samedi matin. La septuagénaire, tee-shirt noir et immense drapeau arc-en-ciel barré du mot « paix », symbole des altermondialistes, était venue « pour le simple droit de manifester ». C’est d’ailleurs ce qu’elle scandait juste avant de tomber violemment sur le sol après une charge des forces de l’ordre visant à disperser les manifestants.

Lundi soir, le procureur de la République de Nice, qui avait ouvert dès samedi après-midi « une enquête classique en recherche des causes des blessures », a affirmé que Geneviève Legay n’avait « pas été touchée intentionnellement », et n’a eu « aucun contact avec un agent de sécurité ». « Elle a été poussée, la chute est intervenue alors que les forces de l’ordre intervenaient pour une action de dispersion », a précisé Jean-Michel Prêtre lors d’une conférence de presse. Mais « il est difficile de savoir qui exactement était derrière elle », a-t-il ajouté.

Selon Me Arié Alimi, l’avocat de la famille, de nouvelles images de la chaîne d’information CNews sembleraient au contraire indiquer que Mme Legay a été poussée par un policier. Les images sont difficiles à interpréter, car quasiment hors champ, mais l’avocat en est certain : « Après avoir comparé les différentes vidéos, on voit bien que la personne poussée délibérément par le policier ne peut être que Geneviève Legay. Nous réclamons la démission du procureur de Nice compte tenu de ces nouvelles images », a-t-il déclaré au Monde.

Les filles de Geneviève Legay ont déposé plainte lundi contre X pour « violences volontaires » et pour « subornation de témoin », ainsi que contre le préfet des Alpes-Maritimes pour « complicité de violences volontaires aggravées ». Elles dénoncent une tentative de subornation de témoin de la part des policiers qui seraient venus dès samedi dans la chambre d’hôpital de leur mère, alors que celle-ci était encore sous le choc et très confuse, pour lui « faire dire que c’était un cameraman qui l’avait bousculée, et pas les forces de l’ordre ». Ils seraient revenus deux fois le lendemain matin. « Elle a évidemment refusé de changer son témoignage, précise l’une de ses filles. C’est une histoire de fou. Depuis quarante ans que maman va en manif, on n’avait jamais vu ça. »

Polémique
A Nice, comme dans la presse internationale ainsi que sur les groupes Facebook de « gilets jaunes », l’image de cette femme, chevelure blanche et drapeau arc-en-ciel à terre, est venue raviver les polémiques autour des violences policières dénoncées par l’opposition et les militants depuis le début du mouvement.

Après plus de quatre mois de tensions incessantes, et un regain de violences à Paris début mars, la préfecture des Alpes-Maritimes et la mairie de Nice avaient interdit pour la première fois rassemblements et manifestations dans le centre-ville, craignant des débordements à la veille de l’arrivée d’Emmanuel Macron et de son homologue chinois, Xi Jinping.

Le chef de l’Etat a aussi suscité la polémique lundi dans les colonnes de Nice-Matin en souhaitant à Geneviève Legay un « prompt rétablissement », mais aussi, « peut-être, de la sagesse », en rappelant que la militante n’avait rien à faire là, compte tenu de son âge et surtout du périmètre d’interdiction établi par la préfecture de Nice. « Pour avoir la quiétude, il faut avoir un comportement responsable. »

« Ils ont chargé. On n’a rien compris »
Raphaël Pradeau, membre d’Attac 06 dont Geneviève Legay est porte-parole, parle, lui, de la septuagénaire comme de quelqu’un d’« extrêmement sage ». S’étranglant sur les propos du président, il estime que, « avec quarante ans d’engagement derrière elle, [Geneviève Legay] sait bien que, si on commence à s’habituer à renoncer à manifester parce que le gouvernement l’interdit, alors nous ne sommes plus en démocratie ». Cette femme est bien connue dans le milieu associatif niçois : membre de la CGT, militante féministe, écologiste, engagée dans le commerce équitable et animant un restaurant solidaire (désormais fermé), elle est décrite comme « un personnage incontournable » pour les citoyens engagés du coin.

Si Emmanuel Macron a jugé que la définition de périmètres d’interdiction, « nécessaire », avait « été mise en œuvre avec professionnalisme et mesure à Nice », c’est bien ce que conteste, entre autres, l’avocat de la famille, Me Arié Alimi, aussi membre de la Ligue des droits de l’homme. « Qu’il y ait une interdiction de manifester, que la manifestation soit faite sans déclaration, cela importe peu : du point de vue du droit, la question est de savoir si la charge des forces de l’ordre était proportionnée ou pas », dit-il.

Lire aussi « Gilets jaunes » : Macron souhaite « un prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse » à la manifestante blessée à Nice
Selon Radija Boukhalfa, une militante présente aux côtés de Geneviève samedi, la charge fut « extrêmement rapide » et « sortie de nulle part », contredisant les affirmations du procureur qui expliquait lundi « que la dispersion n’avait pas pu surprendre qui que ce soit. » « Tout se passait bien, on discutait même avec les gendarmes. Ils étaient très tranquilles, raconte la militante. L’ambiance était bon enfant. Puis, on a été poussés de la place Garibaldi, encore dans le calme, vers Masséna. C’est là, en sortant de la place, que j’ai vu des hommes en uniforme, différents de ceux avec qui on parlait depuis le début, qui se sont mis à courir très très vite vers nous et ils ont chargé. On n’a rien compris. »

Les « street medics » en garde à vue
Autre détail qui a suscité l’indignation à Nice comme sur les réseaux sociaux : l’interdiction faite aux « Street medics » (des secouristes militants en blouse blanche, souvent pompiers volontaires ou travailleurs hospitaliers restant aux côtés des forces de l’ordre pendant les manifestations pour intervenir en cas de besoin) de venir en aide à Geneviève Legay une fois à terre. Le groupe, interpellé « par un manifestant et un gendarme » sur son état de santé, a été « interdit de s’approcher », selon Thierry Paysant, un hospitalier et secouriste présent samedi et contacté par Le Monde.

« J’en ai encore les larmes aux yeux, » poursuit-il. « C’est pas ma France. Cette manif, il n’y avait que des papys et des mamies. » Il raconte avoir été bloqué par un commissaire sur la place Garibaldi :

« Après que Geneviève soit tombée, les gendarmes nous ont laissé passer puis un homme au casque blanc et à l’écharpe bleu blanc rouge nous a bloqué le passage. Il a donné l’ordre de nous embarquer direct. Les policiers étaient vraiment mal à l’aise, ils n’arrêtaient pas de s’excuser. »

« Être là, c’est important : la présence d’un secouriste dans les premières minutes augmente la chance de survie de 40 %. D’ailleurs, la même après-midi à Paris, c’est un Street médic qui a fait le massage cardiaque au flic qui a fait son malaise ! D’un côté on nous arrête, de l’autre, on sauve les flics. » Selon les Street Medic 06 « neuf des secouristes » seront embarqués et « laissés en garde en vue pendant plus de neuf heures ».

Quelques instants avant sa chute, Geneviève Legay, interviewée alors qu’elle portait encore son gilet jaune, racontait au micro de CNews qu’elle pensait « avoir touché le cœur des gendarmes » à qui elle parlait de racisme, d’injustice et de sexisme ce matin-là. Au journaliste qui lui demande si elle n’a pas peur, elle répond : « J’ai 73 ans, qu’est-ce qui peut m’arriver ? »

A ce jour, 27 portraits de Macron ont été « décrochés » dans des mairies, 13 activistes passeront devant la justice

Les gendarmes ont reçu des consignes claires pour mettre un terme à cette campagne menée par une ONG.

Les consignes sont claires. Dans une circulaire interne envoyée à toutes les gendarmeries, début mars, la direction générale de la gendarmerie nationale alerte sur la campagne de « décrochage » des portraits officiels d’Emmanuel Macron dans les mairies, lancée le 21 février par des militants d’Action non violente COP21 (ANV-COP21), pour dénoncer le « vide de la politique climatique » du chef de l’Etat.

Dévoilée le 22 mars par un Tweet de l’ex-député européen du Front national Jean-Yves Le Gallou, la missive incite « à recueillir les plaintes des maires ou, à défaut, celles des préfets en substitution, de manière à conforter la réponse pénale des parquets ».

Lorsque les faits sont revendiqués au nom de l’association ANV-COP21, précise la direction, il faut « vérifier que les mis en cause sont membres ou sympathisants de cette association » et « prendre attache avec le BLAT [bureau de la lutte antiterroriste] afin de déterminer les modalités à mettre en œuvre pour rechercher la responsabilité morale de cette association ».

Et un bilan hebdomadaire par le « SCRC », le service central de renseignement criminel, analysera les comptes rendus de police judiciaire « faisant apparaître les termes “portrait président” et/ou “ANV-COP21” ».

Lire pour le comprendre le contexte : Le portrait de Macron « enlevé » par des militants de la lutte pour le climat dans une mairie parisienne
« Les gendarmes devraient avoir d’autres priorités »
A ce jour, vingt-sept portraits ont été enlevés. Trente-cinq activistes ont été auditionnés par la police, dont vingt et un sous le régime de la garde à vue, selon l’avocat de l’ANV-COP21, Alexandre Faro. Neuf personnes ont été convoquées en vue d’un procès à Paris le 11 septembre 2019, deux à Strasbourg le 26 juin et deux à Lyon le 2 septembre. « Il est très choquant que ces décrochages symboliques puissent être considérés comme des atteintes à la sûreté de l’Etat », estime Alexandre Faro.

« Le gouvernement veut faire taire les activistes qui dénoncent le décalage entre ses discours et ses actes, juge Jon Palais, porte-parole d’ANV-COP21. Ils n’assument pas leur politique. Ils pourraient dire comme Trump [le président des Etats-Unis] que le climat, cela ne compte pas. »

Pour ce militant, qui revendique l’action non violente et dit que le préjudice matériel est infime – « ce portrait vaut tout au plus quelques euros » –, la réaction est de l’ordre du symbolique. « Les gendarmes devraient avoir d’autres priorités dans la conjoncture actuelle », assène Jon Palais.

Du côté de la gendarmerie nationale, on assure qu’il s’agit d’une « procédure courante », d’un « message assez habituel ». Interrogé par Le Monde, le ministre de la transition écologique et solidaire critique cette campagne lancée par ANV-COP21. « Je la trouve particulièrement malvenue dans le contexte de remise en cause violente des institutions démocratiques, c’est-à-dire de la légitimité des urnes, confie François de Rugy. J’ai l’impression que le “spectaculaire” de l’action cache le vide de propositions. »

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et pourtant tout ce que demande les gens du peuple c de vivre désâment de vivre juste mieux la plus pars des personne qui produise la main d'oeuvre Francaise vive avec 1100 euro pars moi pour des boulot souvent Ingra ou avec une pénibilité accrue des gens qui trime tous le jour de 8h a 18h et quand il oses en demander un peut plus on les massacre
serions nous revenue aux moyen age ?


and yet all that the people demand to live disastrously to live just better the better part of the person who produces the livelihood French labor with 1100 euro leave me for jobs often Ingra or with increased hardship of the people who work all day from 8am to 6pm and when he dares to ask for one more may they be massacred
would we have returned to the Middle Ages?

Que préparent les Gilets jaunes pour l’acte 17 de ce week-end ?

Comme chaque samedi, plusieurs points de rendez-vous ont été fixés par les différents groupes de contestataires, à Paris et en régions.

Certains promettent que ce sera « une grosse date ». L’enchaînement des journées d’action des Gilets jaunes, qui a fini par lasser une partie de la population, devrait se poursuivre ce samedi. L’« acte 17 » serait même un « acte décisif », selon l’appel à manifester de l’une des franges dominantes du mouvement.

A l’approche de la fin initialement prévue du Grand débat national - qu’Emmanuel Macron compte finalement repousser -, les Gilets jaunes visent en effet un mois de mars « intense », avec davantage encore de manifestations qu’à l’accoutumée. Retour sur ce qui est prévu ce week-end à Paris et en régions.

Dès ce vendredi

Selon les groupes Facebook de certains leaders, cette fois, la mobilisation commence dès ce vendredi. D’une part, parce que des femmes actives du mouvement comptent se joindre aux manifestations liées à la Journée Internationale des Droits des Femmes. D’autre part, parce que la forme choisie cette fois n’est plus seulement un « samedi jaune » mais tout un week-end.

La page de La France en colère, le groupe Facebook de Gilets jaunes notamment alimentée par la figure Priscillia Ludosky, appelle au rassemblement dès ce vendredi, à 18h30, au Champ-de-Mars à Paris, et jusqu’au lundi 11 mars à 6h30.

Un « énorme sit-in » à Paris

Associé à Priscillia Ludosky et Eric Drouet, Maxime Nicolle (alias Fly Rider) annonçait dans ses vidéos en direct de février qu’« un énorme sit-in va paralyser la capitale », sur le Champ-de-Mars. « Camping & convivialité… On dort sur place » prévient également la page La France en colère, qui invite « toute la France à Paris ».

Une conférence, à laquelle n’importe quel Gilet jaune pouvait s’inscrire, a même eu lieu fin février dans le 13e arrondissement pour organiser au mieux le fameux week-end. Certains rêvent même d’« assiéger » Paris et d’arriver à camper jusqu’au week-end suivant, date initiale de la fin du Grand débat. Un événement « Ultimatum Gilets Jaunes » a même déjà été créé en vue de l’acte 18, le 16 mars.


Pique-nique, débats…

Comme d’habitude, la guéguerre entre les leaders se manifeste chaque samedi avec une confusion dans les appels à se rassembler. Au-delà des influents Priscillia Ludosky, Eric Drouet, Maxime Nicolle ou Jérôme Rodrigues - tous assez proches -, d’autres groupes Facebook donnent des rendez-vous dans la capitale. A l’image du Conseil national de la résistance des Gilets jaunes, qui appelle à la « Libre parole » samedi à 14 heures place de la République. Ou des Gilets jaunes citoyens qui donnent, eux, rendez-vous sur le Champ-de-Mars également pour un « pique-nique » à partir de 14 heures. Ou encore des Incorruptibles Gilets jaunes, à 11 heures place de l’Etoile. Contrairement au samedi précédent, les rassemblements et cortèges semblent se concentrer autour de la Tour Eiffel puis plutôt sur la rive droite.

Des rendez-vous en régions aussi

Si la plupart des leaders tentent depuis longtemps de réunir tous les contestataires dans la capitale, espérant un chiffre de participation plus percutant, des rassemblements sont aussi prévus en régions. Notamment dans les villes qui se sont fortement mobilisées jusque-là comme Bordeaux, où le rendez-vous est donné à 13 heures place de la Bourse, mais aussi Toulouse, à 13h30 à Jean Jaurès, ou encore Lille, à 12h30 sur la place de la République.

Gilets jaunes: l'ONU réclame à la France une enquête sur "l'usage excessif de la force"

Plusieurs formations politiques, notamment à gauche, estiment que policiers et gendarmes ont fait usage de ripostes démesurées face aux gilets jaunes.

L'ONU s'immisce dans la crise des gilets jaunes. Ce mercredi, l'organisation internationale a fait savoir qu'elle réclamait à l'État français de mener une "enquête approfondie" sur "l'usage excessif de la force" par la police et la gendarmerie contre les manifestants.

Dans le collimateur de la Haut-Commissaire aux droits de l'homme: les violences policières qui se seraient produites depuis la mi-novembre. Elles font régulièrement l'objet de protestations de la part de formations politiques, notamment La France insoumise.

La France aux côtés du Zimbabwe et du Soudan
"Nous encourageons le gouvernement (français) à poursuivre le dialogue et demandons urgemment une enquête approfondie sur tous les cas rapportés d'usage excessif de la force", a déclaré Michelle Bachelet dans un discours prononcé devant le Conseil des droits de l'homme à Genève.

L'ancienne présidente chilienne a rappelé que "les inégalités touchent tous les pays" et que "même dans des États prospères, des gens se sentent exclus des bénéfices du développement et privés de droits économiques et sociaux".

Elle n'a toutefois cité que la France comme pays prospère, mais a dénoncé les répressions violentes des manifestations qui se sont produites récemment au Soudan, au Zimbabwe et en Haïti.

L'IGPN saisie d'une centaine de cas
Les manifestants "réclament un dialogue respectueux et de vraies réformes. Et pourtant, dans plusieurs cas, ils sont accueillis par un usage violent et excessif de la force, par des détentions arbitraires, des tortures et même selon certaines informations des exécutions extra-judiciaires", a-t-elle déploré.

Depuis le début en France du mouvement de contestation des "gilets jaunes" à la mi-novembre, l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN) a été saisie d'une centaine de cas d'accusations de violences policières.

Plusieurs manifestants affirment avoir été blessés par des tirs de lanceur de balle de défense (LBD), une arme qui suscite de vives controverses en France.

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