gilet jaune

GILETS JAUNES, EN DIRECT : 9.500 MANIFESTANTS EN FRANCE, DONT 1.500 À PARIS

Pour la première fois depuis le début du mouvement, aucun appel à manifester n'a été relayé sur les réseaux sociaux dans le cadre du 29e samedi consécutif de mobilisation des gilets jaunes.

18H59
9.500 gilets jaunes ont défilé dans les rues de France, dont 1.500 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur, en ce 29e samedi de mobilisation. La semaine dernière, ils étaient 12.500 manifestants en France, dont 2.100 à Paris.

14H53
Près de 2.000 personnes manifestent dans les rues de Paris samedi, 29e acte des «gilets jaunes», sous le soleil et dans une ambiance festive, malgré une mobilisation clairsemée, a constaté un journaliste AFP. Partis vers 13H00 de la place Denfert Rochereau dans le XIVe arrondissement, les manifestants, parfois équipés de sifflets ou de tambours, devaient rejoindre la place de la Nation. «Justice sociale justice fiscale», «anti, anti, anticapitaliste», pouvait-on notamment entendre dans le cortège, qui semblait un peu plus maigre que celui de la semaine passée, qui comptait 2.100 manifestants selon le ministère de l'Intérieur.

11H05
Priscillia Ludosky, figure du mouvement depuis ses débuts, a relayé un autre appel à une manifestation déclarée, cette fois-ci au départ de la place Denfert-Rochereau, avec un rassemblement à 11 heures et un départ à 13 heures. Le cortège doit se disperser place de la Nation.

10H32
Sur Facebook, plusieurs groupes de «gilets jaunes» appellent à une manifestation au départ de la porte Dauphine. Le rassemblement est prévu à 10h30 et le cortège doit s'élancer à midi. Cette manifestation doit s'achever au métro Villiers, dans le 17e arrondissement de Paris. Le parcours initial devait être différent. Les organisateurs, qui ont déclaré leur manifestation, avaient prévu de défiler sur les Champs-Elysées. Ils affirmaient, vendredi, avoir envoyé une requête au tribunal administratif pour en obtenir l'autorisation. Mercredi, la préfecture de police de Paris avait annoncé une interdiction de manifester autour de cette avenue, ainsi que de l'Assemblée nationale et de l'Elysée, et dans le secteur de Notre-Dame.

VENDREDI 31 MAI
20H05
Le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, assure dans une interview au Parisien que des policiers mis en cause pour des violences lors de manifestations de gilets jaunes seront renvoyés devant le tribunal correctionnel «d'ici la fin de l'année».

«Il y aura des classements sans suite» et «des renvois de policiers devant le tribunal correctionnel d'ici la fin de l'année», a indiqué M. Heitz dans cet entretien paru jeudi.

Parmi les 174 enquêtes ouvertes pour des violences impliquant les forces de l'ordre, 57 dossiers sont en cours d'analyse au parquet, qui doit désormais décider des suites judiciaires, a-t-il précisé. Il a annoncé par ailleurs avoir ouvert huit informations judiciaires confiées à des juges d'instruction pour des violences impliquant des membres des forces de l'ordre.

JEUDI 30 MAI

18H47
12.500 manifestants ont défilé dans les rues de France, la plus faible participation depuis l'acte I, selon le ministère de l'Intérieur.

11H51
A Paris, les manifestants se rassemblent devant le cimetière du Père Lachaise. Le cortège doit rejoindre le Sacré Coeur.

11H48
Le préfet de police de Paris a déploré samedi matin le retour au principe des manifestations non déclarées de gilets jaunes dans la capitale et a prévenu d'une «réaction ferme» en cas de débordements lors de l'acte 28 de ce mouvement social inédit. «Malheureusement il semble qu'une partie des gilets jaunes a décidé de ne pas déclarer de manifestation», a commenté Didier Lallement venu saluer policiers et gendarmes mobilisés sur le dispositif de maintien de l'ordre au niveau du rond-point de l'Etoile à Paris.

25 MAI
10H58
Rumeurs d'intoxication au cyanure par les gaz lacrymogènes, faux street medics se déclarant être de vrais médecins : des prises de sang sauvages ont été pratiquées lors de manifestations de «gilets jaunes», provoquant l'inquiétude des spécialistes de santé.
Selon deux personnes contactées par l'AFP, qui ont organisé ces prélèvements, ils ont eu lieu lors des manifestations du 20 avril et du 1er mai à Paris, dans le but de «prouver une intoxication au cyanure causée par une exposition prolongée aux gaz lacrymogènes».

09H42
Le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon a multiplié jeudi soir les attaques contre Marine Le Pen et appelé les électeurs «fâchés» du Rassemblement national - «gilets jaunes» en tête - à «ne pas jouer contre eux-mêmes». «Pour nous, cela reste un objectif de rallier à nous ces gens à qui on dit : 'Bien-sûr vous êtes fâchés, mais ne faites pas les fachos parce que vous jouez contre vous-mêmes'», a-t-il lancé lors d'un meeting pour les européennes près de Lyon, reprenant son antienne de campagne «fâchés mais pas fachos». Selon lui, la présidente du Rassemblement national n'est présente ni sur les thèmes écologiques, ni sur le social, notamment à l'Assemblée.

JEUDI 23 MAI
12H19
Mercredi après-midi, un jeune homme de 25 ans a été condamné à 18 mois de prison par le tribunal correctionnel de Nice pour son comportement dangereux face aux forces de l’ordre et sur la route, rapporte Nice-Matin. C’est lors d’une manifestation de «gilets jaunes», groupe auquel il revendique appartenir, que l’Azuréen a commis les délits. Alors qu’une opération de blocage était en cours au péage Saint-Isidore sur l’autoroute A8, il a forcé le contrôle des gendarmes.

MERCREDI 22 MAI
11H45
Le roi des forains Marcel Campion a fait savoir qu’il invitait les gilets jaunes et leur famille ce mercredi 22 mai à la foire du trône à Paris de 12H à 18H. Dans le même temps, des forains comptent bloquer le périphérique parisien ce mercredi ainsi que jeudi, pour protester contre une directive européenne qui prévoit de soumettre les fêtes foraines à un appel à concurrence.
Une deuxième journée de contestation devrait avoir lieu jeudi, toujours avec comme point de départ la Foire du Trône mais avec comme point d’arrivée l’Elysée. Quelque 1 000 motards forains en Harley Davidson devraient se joindre au cortège pour exprimer leur colère et alerter le chef de l’Eta

MARDI 21 MAI
11H52
Francis Lalanne, qui conduit la liste «Alliance jaune» pour les européennes, mise sur «l'union sacrée de gilets jaunes» pour ne pas avoir à choisir entre «le système et le système», c'est-à-dire Emmanuel Macron et Marine Le Pen, «deux manipulateurs qui veulent écraser le peuple».

Plafonnant à environ 1% dans les sondages, qui sont «souvent manipulés» selon lui, le chanteur a appelé mardi les abstentionnistes à se mobiliser pour permettre aux «gilets jaunes» d'entrer dans «la citadelle» du pouvoir dimanche.

10H46
Poursuivi pour avoir proféré des injures à caractère antisémite envers le philosophe Alain Finkielkraut en marge d'une manifestation de «gilets jaunes» à Paris en février, une qualification qu'il conteste, un trentenaire sera jugé mercredi à Paris.

Cité à comparaître par le parquet de Paris, le prévenu âgé de 36 ans devra répondre d'«injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion» devant la 17e chambre du tribunal correctionnel.

Sauf constitution de partie civile de dernière minute, l'académicien, qui n'a pas porté plainte, devrait être absent à l'audience.

MARDI 20 MAI
23H22
Une enquête préliminaire a été ouverte après des prélèvements sanguins effectués dans la rue sur des manifestants pendant des rassemblements de gilets jaunes. Cette enquête a été ouverte jeudi pour «violences volontaires aggravées» et «mise en danger de la vie d'autrui», a précisé le parquet.

Contacté par l'AFP, Renaud Fiévet, qui se présente comme médecin anesthésiste originaire de Belgique, a affirmé avoir organisé ces prises de sang «sur une quinzaine de manifestants» pour vérifier une potentielle «intoxication au cyanure causée par une exposition prolongée aux gaz lacrymogènes» tirés par les forces de l'ordre. Selon lui, ces prélèvements ont été pratiqués lors des manifestations du 20 avril et du 1er mai à Paris.

Les prélèvements ont été faits «dans le respect des protocoles», à l'initiative d'un groupe composé de deux médecins et un docteur en biologie, a affirmé M. Fiévet. «Des ordonnances ont été établies pour ces prélèvement et les personnes prélevées ont signé un consentement écrit», a-t-il précisé.

Début mai, un groupe de street medics, des bénévoles qui apportent les premiers soins en cas de blessures pendant les manifestations, avait dénoncé ces pratiques considérées comme «dangereuses», ainsi que «l'usurpation du terme et des couleurs de street-médics».

Dimanche 20 mai

11H47
A six jours des élections européennes, Emmanuel Macron monte au front ce lundi 20 mai avec un entretien à la presse régionale pour lancer le sprint final d'une campagne qui se durcit à l'approche du scrutin.

Les différentes listes -34 au total, un record- vont chercher à galvaniser leurs troupes lors des derniers meetings, au bout d'une campagne plutôt atone, brouillée par la crise des «gilets jaunes» et la sortie du grand débat. L'abstention, qui frôle la barre des 60% dans les sondages, sera une nouvelle fois «le premier parti de France».

SAMEDI 19 MAI

19H02
Selon le ministère de l'Intérieur, 15.500 manifestants se sont mobilisés dans toute la France. C'est la plus faible participation depuis le début du mouvement. 1.600 personnes ont défilé à Paris. Le comptage des autorités est contesté par les gilets jaunes, qui ont dénombré près de 41.000 manifestants.

18H35
Le cortège parisien des gilets jaunes est arrivé en fin d'après-midi au pied du Sacré-Coeur, en haut de la butte Montmartre.

17H07
A 14 heures, le ministère de l'Intérieur a comptabilisé 2.800 manifestants en France, dont 1.100 à Paris. La semaine dernière à la même heure, ce chiffre était de 2.700 participants, dont 600 à Paris.

16H32
A Reims, plusieurs cortèges défilent ce samedi. Des tensions sont également apparues entre les manifestants et les forces de l'ordre qui ont riposté à des jets de projectiles par des tirs de gaz lacrymogènes.

13H18
La préfecture de police de Paris a de nouveau pris un arrêté interdisant les manifestations dans les secteurs des Champs-Élysées, de la cathédrale Notre-Dame, incendiée mi-avril, et de l’Assemblée nationale. Comme chaque semaine, une dizaine de stations de métro et de rues sont ainsi fermées.

Un appel à manifester sur «la plus belle avenue du monde» a toutefois été lancé sur Facebook, une manifestation axée cette fois sur la lutte contre le glyphosate, alors que se tient ce week-end la Marche annuelle mondiale contre le groupe Monsanto.

VENDREDI 17 MAI
18H42
Emmanuel Macron a jugé vendredi que le mouvement des «gilets jaunes» n'avait «plus de débouché politique», appelant «au calme» ceux qui continuent à manifester et les invitant à voter, voire à se présenter aux élections, six mois après le début de cette contestation sociale.

«Je considère pour ma part que j'ai apporté des réponses aux Françaises et aux Français sur ce qui avait conduit à ce mouvement, à la fois le 10 décembre et dans la conférence de presse que j'ai donnée. Je crois que (pour) celles et ceux qui continuent aujourd'hui (à manifester), il n'y a plus de débouché politique. Nous avons fait notre part de travail, maintenant chacun doit aller, voter aux élections, et quand il porte des idées, se présenter aux élections», a-t-il ajouté, lors d'un déplacement à Biarritz.

17H58
Pour cet acte 27, des «appels nationaux» ont été lancés pour se rassembler à Reims et Nancy après deux samedis marqués par un recul de la mobilisation, tombée à ses plus bas niveaux depuis le début du mouvement le 17 décembre.

A Paris, plusieurs rassemblements concurrents sont prévus, dont un au départ de la Défense pour finir à Montmartre. Un autre envisage de défiler sur les Champs-Élysées mais l'avenue est, depuis plusieurs semaines, interdite à la manifestation.

Devant cet éparpillement des défilés et des mots d'ordre dans la capitale, Éric Drouet, une des figures du mouvement, a appelé dimanche dans une vidéo à «arrêter les cortèges à thème», qu'il trouve «de plus en plus ridicules».

D'autres rassemblements sont prévus, par exemple à Besançon ou à Saint-Nazaire, où la préfecture a pris un arrêté interdisant la manifestation non déclarée des "gilets jaunes» dans le centre-ville.

A Lyon, les «gilets jaunes» ont décidé de manifester sans se déclarer.

15H05
Les présidents des commissions des Affaires sociales et des Lois du Sénat demandent à la ministre de la Santé Agnès Buzyn de s'expliquer sur les accusations de «fichage» des «gilets jaunes» à l'hôpital, selon un communiqué publié vendredi.

Dans un courrier commun adressé à la ministre, les sénateurs LR Alain Milon et Philippe Bas lui demandent «de faire la lumière sur la réalité du recueil de données lors d'admissions hospitalières consécutives à des manifestations sur la voie publique dont l'exploitation est susceptible de porter atteinte à la liberté individuelle».

Ils demandent également à la ministre «d'indiquer les actions que le ministère et les organismes placés sous sa tutelle ont entreprises pour mettre fin à cette situation si elle était avérée».

L'utilisation du fichier SI-VIC, tenu dans les services d'urgence, pour les «gilets jaunes», révélée mi-avril par Le Canard Enchaîné, avait conduit l'un des manifestants concernés, blessé à Paris en février, à annoncer une plainte pour fichage «illicite».

13H48
Le mouvement des «gilets jaunes» a eu «moins d'incidence» sur l'attractivité de la France pour les investisseurs que Bruno Le Maire l'aurait cru, a admis le ministre de l'Economie, en visite au salon international des start-up Vivatech vendredi.

«Je constate que ça a moins d'incidence que ce que j'aurais cru d'ailleurs moi-même», a-t-il déclaré au sujet du mouvement social lancé il y a six mois.

Les blocages et manifestations ont beaucoup affecté les commerces des centres-villes et coûté 0,2 point de croissance (soit 4 milliards d'euros) à l'économie française d'après le ministère. Mais «la crise de gilets jaunes n'a pas eu d'impact sur l'attractivité de la France, on le mesure avec des indicateurs très précis», a assuré Bruno Le Maire.

JEUDI 16 MAI
22H09
Le meeting du ministre de la Transition écologique François de Rugy à Gaillac dans le cadre de la campagne pour les élections européennes, a été perturbé par une centaine de «gilets jaunes», a constaté un correspondant de l'AFP. Les manifestants ont entonné des chants hostiles au gouvernement et au président de la République, empêchant l'intervention du ministre sur le thème «l'Europe l'écologie».

17H03
Les commerçants du centre de Montpellier ont regretté jeudi ne pas bénéficier des fonds supplémentaires accordés par l'État aux centre-villes après les manifestations de «gilets jaunes», pointant la responsabilité du maire Philippe Saurel.

Matignon a annoncé mercredi un renforcement de son fonds de soutien aux commerçants des centres-villes affectés ou dégradés par les manifestations de «gilets jaunes», pour lequel 34 communes ont été retenues, mais pas Montpellier.

La ville n'a pas déposé de dossier dans le cadre de l'appel à projets lancé par le gouvernement alors que «de nombreuses dégradations ont été déplorées chez les commerçants», a regretté auprès de l'AFP Alain Simon, président de l'association des commerçants du centre-ville : «Ne pas pouvoir bénéficier de ces aides, c'est n'importe quoi !».

MERCREDI 15 MAI
20H48
Ce mercredi 15 mai, Francis Lalanne était en visite en Vendée dans le cadre de la campagne des élections européennes du 26 mai prochain. Il est la tête de la liste «Alliance jaune, la révolte par le vote». Le chanteur est allé à la rencontre des Gilets jaunes en différents lieux du département.

17H46
Trois «gilets jaunes» ont été condamnés mercredi à Besançon à des amendes - une ferme, deux avec sursis - pour outrage après avoir crié «Castaner assassin» au ministre de l'Intérieur lors d'une visite dans la ville en mars, a-t-on appris auprès de leur avocat.

Deux d'entre eux, un représentant syndical FO et son épouse, ont été condamnés à 1.500 euros d'amende avec sursis, a indiqué Me Jean-Michel Vernier, précisant que le couple allait faire appel de sa condamnation.

Le troisième a écopé de 1.000 euros d'amende qu'il devra payer, «son casier judiciaire lui interdisant de bénéficier d'un sursis», a ajouté Me Vernier qui ne pouvait pas encore indiquer s'il allait interjeter appel.

Les trois ont en revanche été relaxés des faits de rébellion, selon leur conseil, qui avait plaidé la relaxe lors du procès le 29 avril devant le tribunal correctionnel de Besançon qui jugeait les trois «gilets jaunes» pour outrage envers le ministre de l'Intérieur.

16H07
Geneviève Legay, une manifestante de 73 ans blessée dans une charge de police lors d'un rassemblement interdit des «gilets jaunes» le 23 mars à Nice, est rentrée chez elle après près de deux mois d'hospitalisation, a annoncé mecredi Attac, dont elle est militante.

«Elle est sortie de l'hôpital à 13h et est rentrée à son domicile. Elle marche mais n'est pas autonome : elle est donc sortie mais pas totalement retapée», a indiqué à l'AFP Raphaël Pradeau, porte-parole d'Attac France.

«Je ne bouge pas du fauteuil car j'ai froid et je suis très fatiguée, mais je ne suis pas quelqu'un à supporter d'être malade et dès que j'irai bien, je reprends la rue», a déclaré à l'AFP Mme Legay, regrettant de ne pas pouvoir manifester ce mercredi avec Attac à Cap d'Ail, contre le Salon international de la propriété de luxe à Monaco, surnommé par ses détracteurs «le salon de l'évasion fiscale».

La militante a eu plusieurs côtes cassées et des fractures au crâne, après avoir été poussée par un policier qui dispersait avec ses collègues un rassemblement interdit à Nice le 23 mars, seul week-end où les manifestations de «gilets jaunes» étaient interdites en raison de la venue du président chinois et de la crainte des casseurs. C'est aussi le seul week-end où il y a eu des heurts à Nice. Le samedi suivant, la mairie avait obtenu une nouvelle interdiction pour préserver l'attractivité commerciale et touristique de la ville.

MARDI 14 MAI
22H38
Les «gilets jaunes» se sont invités mardi à la tribune du congrès de la CGT à Dijon, où les militants ont critiqué l'ambiguïté de leur dirigeant Philippe Martinez et ont réclamé d'«aller au devant» de ce «surgissement d'en bas» qui les a dépassés.

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Gilets jaunes : la police au bord de la crise de nerfs

MERCREDI 1ER MAI, BOULEVARD DU MONTPARNASSE À 12 H 56. A DEUX REPRISES DÉJÀ, LES QUELQUE 300 BLACK BLOCS VENUS POUR EN DÉCOUDRE SONT REPOUSSÉS. LA TROISIÈME AGRESSION SERA CELLE DE TROP : LES CRS S’APPRÊTENT À CHARGER.
Depuis vingt-cinq semaines, les forces de l’ordre, mobilisées sur les manifestations des Gilets jaunes, subissent des attaques de plus en plus violentes de groupes radicalisés. Leur réplique est parfois disproportionnée.

Protège-tibias de boxeur, gants, lunettes de piscine : il a pris l’attirail complet pour se protéger des baffes et des gaz. Pourtant Nicolas*, 23 ans, n’est ni gilet jaune,

ni black bloc, mais gardien de la paix. Depuis le début du mouvement, faute de matériel professionnel en état, il puise dans ses économies pour s’équiper. Comme lui, de plus en plus de flics investissent dans des masques de peintre ou des bottes sécurisées. Un collègue a même dépensé 500 euros pour son « uniforme », genouillères à coque dure, cache-col, coudières et casque de moto : l’ancien, fourni par le service et méchamment cabossé par un pavé lors de l’acte I, n’a jamais été remplacé… « Beaucoup ont des visières fêlées, détériorées par les projectiles et complètement opaques… quand elles ne sont pas cassées », raconte Nicolas.

Major et policier dans les renseignements territoriaux depuis trente ans, Christian* aime son métier ; mais le découragement est en train de l’emporter. Il ne cherche plus à cacher son extrême fatigue, physique et morale, et sa colère a un goût amer. « Voilà la réalité, s’emporte-t-il. La veille des manifestations, des flics vont chez Decathlon pour acheter des outils de protection car leur hiérarchie n’est pas capable de leur en fournir ! On n’est pas préparés et pourtant, depuis cinq mois, on nous catapulte presque à poil dans les rues, au milieu d’une foule enragée. On s’étonne ensuite qu’il y ait des débordements ! » Des tensions qui se greffent à un rythme de travail épuisant, avec des missions s’enchaînant sans temps mort et des journées musclées de quatorze heures, sans boire ni manger. « Il m’est arrivé de bosser vingt-six jours d’affilée, explique Christian. J’ai accumulé ces dernières années plus de 800 heures supplémentaires ; un ami, 2 000 ! En France, les fonctionnaires de police ont emmagasiné plus de 21 millions d’heures supplémentaires. Elles ne seront ni payées ni récupérées… »

La situation a pourri au fil des mois. Dans les rues, en novembre, il n’était pas rare de voir policiers et manifestants discuter, les premiers sans casque, les seconds sans agressivité. Tout a basculé lorsque des militants politiques, extrémistes et virulents, se sont infiltrés dans la mobilisation. Du slogan « CRS avec nous ! », on est passé à « Tout le monde déteste la police ! », « Suicidez-vous ! », « Flics suicidés à moitié pardonnés ! », « CRS = Daech ! ». « Pourtant, beaucoup de flics partageaient les revendications et l’indignation des gilets jaunes », affirme Steeve*, qui, depuis dix ans, porte fièrement l’uniforme de cette compagnie, comme son père et son grand-père avant lui. « Mais certains sont arrivés pour casser du flic. Nous avons dû nous défendre. Les “dommages collatéraux”, ce sont les gilets jaunes pacifiques, qui n’ont pas accepté d’être attaqués. Ils se sont retournés contre nous. » Déluge de pierres, bouteilles, canettes, bâtons, pavés, cocktails Molotov. En réplique, des charges brutales, des projections de grenades de désencerclement et des tirs de lanceurs de balles de défense (LBD). Les affrontements virent très vite à des scènes de guérilla, choquantes pour les manifestants comme pour les policiers.
Face à des black blocs de plus en plus nombreux et à une frange de gilets jaunes radicalisée, le ministère de l’Intérieur choisit de dégainer un dispositif hors norme : jusqu’à 80 000 fonctionnaires mobilisés pour une seule journée… « De la poudre de perlimpinpin ! s’enflamme l’un d’eux. On n’a pas le matériel, encore moins la formation adéquate ! Seuls les CRS et les gendarmes mobiles sont entraînés pour étouffer la fureur des manifestants. » La plupart des troupes engagées ont découvert sur place les techniques du maintien de l’ordre… Par exemple, les policiers de la Brigade spécialisée de terrain (BST), de la Brigade anticriminalité (Bac) ou de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), regroupés pour l’occasion au sein du groupe de Détachement d’action rapide (Dar). Une belle coquille, dénuée de stratégie. « Peu importe leur domaine de compétence, le gouvernement veut impressionner, alors il vide les commissariats et mobilise n’importe qui ! s’agace Steeve. Ce n’est pas leur boulot, les mecs ne sont pas formés à ça. Sur le terrain, c’est évident. Ils n’ont pas l’habitude de prendre des coups. Alors, dès qu’ils se sentent en danger, ils tabassent sans réfléchir. »

"Les chefs, ultra-politisés, sont déconnectés de la réalité. On ne parle pas le même langage"
« Si les fautes sont avérées, on doit être sanctionnés, reconnaît Christian. Comme partout, il y a aussi des cons chez nous. » Deux cent vingt-trois enquêtes pour violences policières ont été ouvertes par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Manifestation après manifestation, le journaliste David Dufresne recense avec minutie toutes les blessures occasionnées par les forces de police. Pour lui, « on est passé du maintien de l’ordre à la répression, avec des violences policières et des violences d’Etat. Le climat est détestable, c’est très inquiétant d’un point de vue démocratique ». Près de 5 000 individus ont été interpellés manu militari et quelque 2 000 personnes ont été blessées par des charges, des coups de matraque ou des tirs de LBD. Une arme de catégorie 1, utilisée plus de 13 000 fois par les 4 000 hommes habilités, mais dont l’utilisation « excessive » est dénoncée par plusieurs associations et condamnée par l’Europe et l’Onu.

Le ministère de l’Intérieur n’en a cure, arguant un « savoir-faire » traditionnel du maintien de l’ordre, réputé efficace mais dont la doctrine, théorisée par Gustave Le Bon, date de la fin du XIXe siècle… Depuis, rien n’a changé. La France a même décliné l’invitation au programme de recherches Godiac (Good Practice for Dialogue and Communication as Strategic Principles for Policing Political Manifestations in Europe) : de 2010 à 2013, neuf pays européens ont réfléchi à des méthodes d’apaisement entre citoyens et forces de l’ordre lors des manifestations. La France refuse encore d’appliquer la stratégie de « désescalade » – qui privilégie le dialogue par rapport à la violence – pourtant adoptée par l’Allemagne, la Suède, l’Espagne ou l’Angleterre.

Vingt-huit agents se sont suicidés depuis le début de l’année
« Ce n’est pas faute de prévenir nos commandants, affirme un officier. Nous remontons des informations à notre hiérarchie pour améliorer les choses, mais les chefs, ultra-politisés, sont déconnectés de la réalité. On ne parle pas le même langage. Ce sont des bureaucrates, sans expérience du terrain, méprisants, peu collectifs. Ils prennent des décisions aberrantes. Et nous, on trinque ! » Ces derniers mois, les policiers ont été visés à coups de bouteilles d’acide, de trottinettes, de planches de bois farcies de lames de rasoir et de « cacatov », des bombes d’excréments… « La violence, on l’accepte, elle est inhérente à notre métier, jure un membre de la Bac marseillaise. Mais l’humiliation, c’est inadmissible. Comment peut-on rester serein et prendre du recul avec ces conditions ? Les syndicats policiers demandent des effectifs supplémentaires, mais qui veut encore faire ce travail ? Avec les enjeux, les risques, le salaire de misère [entre 1 800 euros et 2 220 euros brut mensuels], plus personne ne désire s’engager, tout le monde veut se barrer ! » L’Etat peine à recruter. Au dernier concours de gardien de la paix, le jury national a fixé le seuil d’admissibilité à 8 sur 20 de moyenne pour tenter de tenir ses objectifs. Sans succès. Seulement 997 candidats ont été retenus pour les 1 212 postes à pourvoir.

Policier est un métier qui consume, chargé de désarroi et de souffrances. Vingt-huit agents se sont suicidés depuis le début de l’année, révélant ainsi le malaise et le mal-être profonds de la profession. Du statut de héros national, après les attentats de 2015, les forces de l’ordre sont devenues des ennemis parfois ciblés comme lors de l’attaque de Magnanville où un couple de policiers a été assassiné à son domicile. Et la mésentente avec les citoyens n’arrange rien. Le lien fragile avec la population s’est distendu ces derniers temps, jusqu’à rompre. A Fécamp (Seine-Maritime), le 27 avril, un adolescent a été roué de coups parce que son père est policier municipal. Perrine Sallé, porte-parole de l’association Femmes des forces de l’ordre en colère, est inquiète. « On craint le pire pour nos compagnons. Le mien a cru mourir pendant la manifestation du 1er décembre. Il se tait pour nous protéger. Mais je ne suis pas naïve, certains manifestants viennent au contact sans crainte, ils veulent tuer des flics. Cette radicalisation de la haine est terrifiante, elle menace aussi les familles de policiers. » Un constat partagé par Christian : « Je suis étonné qu’il n’y ait pas encore eu de morts. C’est triste, mais c’est toujours la même chose : sans drame, rien ne change. »

* Les prénoms ont été changés.

La liberté d’informer menacée
Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, au moins 79 journalistes ont été victimes de violences policières. A la suite de l’interpellation du vidéaste Gaspard Glanz et son interdiction de manifestations, Paris Match a cosigné une tribune parue dans « Le Monde » le 21 avril. Des rédactions y dénoncent les « conditions de travail extrêmement difficiles » aggravées par la loi anticasseurs, « qui renforce encore l’arbitraire et met un peu plus en danger la liberté de la presse ». Ici, Emma Audrey, de radio BIP, média indépendant de Besançon, le 1er mai.

Effets persistants, rumeurs de cyanure : les gaz lacrymo utilisés contre les manifestants inquiètent

Des gilets jaunes affichent des symptômes persistants après une exposition aux gaz. Certains évoquent une intoxication au cyanure, sans qu'aucune n'ait été caractérisée. Des voix scientifiques s'élèvent pour mener des recherches sérieuses sur les effets des gaz.
Question posée par Gérard Portier le 09/04/2019

Bonjour,

Des prises de sang réalisées en pleine manifestation. La scène surprenante a été vue lors des manifestations du 20 avril et du premier mai, et dénoncée dans un communiqué par La coordination Premiers Secours. «Nous tenons à faire savoir qu’aucun Médic de la coordination n’est acteur de ces gestes irresponsables. Nous dénonçons ses pratiques, et rappelons que ces initiatives engagent leur responsabilité individuelle.»

Des vidéos datées du 20 avril et tournées à Paris, que CheckNews a pu consulter, montrent des prises de sang et des analyses de sang réalisées sur le trottoir, et parfois sans gants. Cette pratique contestée a pour objectif d’étayer les soupçons qui montent depuis plusieurs semaines sur la composition des gaz lacrymogènes, alors que de plus en plus de témoignages de manifestants font état d’effets persistants. Certains dénonçant depuis plusieurs mois des cas d’intoxication au cyanure.

À la recherche du cyanure
Le 10 février dernier, l'avocate Raquel Garrido met le sujet du cyanure sur la table en partageant ses symptômes post-manifestation (douleurs, vomissement, migraine) sur les réseaux sociaux. «Selon mon médecin, cela ressemble un empoisonnement à l’acide cyanhydrique», affirme-t-elle.
Les symptômes décrits par Raquel Garrido restent proches de ceux provoqués par une exposition au 2-Chlorobenzylidènemalononitrile, le gaz utilisé dans les lacrymogènes (aussi appelé gaz CS), selon la fiche toxicologique de l’INRS. Le témoignage de l’avocate est dénoncé, et parfois moqué, dans des médias et un syndicat de police.

Début avril, le collectif SOS ONU, qui s’est donné pour mission de recueillir des témoignages de violence policière afin de compléter le dossier déjà déposé au Haut-Commissariat des Droits de l’Homme, ajoute sa pierre à la polémique en publiant sur sa page Facebook des résultats d’analyses sanguines et urinaires de manifestants. Certains montrent des taux de thiocyanates dans les urines ou dans le sang supérieurs aux valeurs de référence. Parmi les deux tests publiés, l’un affiche 15,9 mg/L de thiocyanate dans le sang (contre 7,5 mg/L de référence chez les fumeurs) et l’autre affiche 31,4 mg/L dans les urines (contre 25 mg/L de référence chez les fumeurs).

Or le thiocyanate est produit par le corps humain en cas d’exposition au cyanure. Ce qui a conduit SOS ONU à écrire «Analyses CYANURE POSITIF !!» et à lancer une campagne pour demander aux personnes présentant des symptômes persistants après une exposition aux gaz lacrymogènes de réaliser le test au thiocyanate dans le sang, dans l’espoir de démontrer une intoxication au cyanure due aux gaz lacrymogènes.

Que disent les tests ?
CheckNews a contacté le docteur François Parant, médecin au laboratoire qui a effectué les analyses publiées par SOS ONU. Il confirme que son laboratoire a reçu bien plus de demandes de dosages de thiocyanates que d’habitude depuis décembre 2018. La véracité des documents publiés n’est pas remise en cause, mais les concentrations retrouvées, bien que parfois supérieures aux valeurs de référence du laboratoire, ne permettent pas, selon lui, de caractériser une intoxication au cyanure.

«Dans notre laboratoire, nous réalisons les dosages des thiocyanates sériques [dans le sang, ndlr] et urinaires par technique colorimétrique. L’indication usuelle est la documentation d’une exposition aux cyanures suite à un incendie. La méthode utilisée manque néanmoins de spécificité ; les résultats doivent être interprétés au regard d’analyses biochimiques complémentaires et de la clinique», explique François Parant.

Au centre anti-poison de Lyon, le docteur Jean-Marc Sapori confirme également avoir été sollicité par des personnes exposées au gaz lacrymogène et pensant être intoxiquées par du cyanure. «Jusqu’à présent, tous les cas rapportés à notre centre présentent logiquement des signes irritatifs classiques, parfois associés à d’autres signes, très divers, mais ne pouvant être imputés à une intoxication manifeste au cyanure», explique-t-il à CheckNews.

Les tests complémentaires
Pour caractériser la présence de cyanure dans le sang des manifestants, certains membres de SOS ONU ont voulu aller plus loin que les tests en laboratoire, proposant donc de réaliser des analyses sanguines pendant les manifestations. Une vidéo a été postée sur YouTube pour expliquer la démarche.



La pratique de ces tests a généré de vifs désaccords au sein du collectif et, aujourd’hui, la page Facebook SOS ONU dénonce cette pratique aux côtés des street medics.

CheckNews a contacté le médecin belge Renaud Fiévet qui supervise les prises de sang en question sur le terrain. «Les prises de sang sont effectuées dans le respect des protocoles de la haute autorité de santé, par des infirmières diplômées», affirme-t-il.

Les tests en question sont fournis par la société suisse CyanoGuard et commercialisés depuis 2018. «Après avoir échangé avec le fabricant, nous avons décidé de doubler quantité de sang testé afin d’abaisser le seuil de détection», confie Renaud Fiévet.

Le célèbre gilet jaune Maxime Nicolle s’est livré au test, et en a publié le résultat le 1er mai «une heure après exposition aux gaz». Il assure à CheckNews, et dans un live, que le test s’est déroulé dans de bonnes conditions d’hygiènes. CheckNews a envoyé par mail la photo du test de Maxime Nicolle au fabricant du kit, qui confirme un résultat positif au cyanure.
Ce résultat permet-il de conclure quoi que ce soit? Notons que ce test n’a pas été effectué avant la manifestation pour comparer un résultat avant et après exposition. Par ailleurs, Jérôme Langrand, médecin toxicologue au Centre Antipoison de Paris, est dubitatif sur le test en question. «Il existe des dosages fiables, réalisés par des laboratoires reconnus, pour doser le cyanure dans le sang. Pourquoi faire appel à des bandelettes moins validées scientifiquement ?» Dans le protocole pour établir une intoxication au cyanure, les médecins demandent aussi le dosage des lactates sanguins, qui prouvent que le cyanure a bien eu une action biologique. Car une exposition au cyanure n’est pas en soit synonyme d’une intoxication, on retrouve des doses de cyanure ou thiocyanate dans le sang de la population générale.

Les gaz lacrymogènes contiennent-ils du cyanure ? L’hypothèse du métabolisme
Par aileurs, à ce stade, si on connaît l’exposition au cyanure par la cigarette, l’alimentation, ou encore les incendies, rien ne vient valider l’hypothèse de la présence de cyanure dans le gaz lacrymogène.

Sollicitée par CheckNews, la direction générale de la police nationale affirme qu'«aucune trace de cyanure d’hydrogène n’a été détectée lors des tests effectués sur les engins utilisés par la police comme la gendarmerie». Une réponse qu’elle avait déjà faite à France Info ou LCI.

L’hypothèse du métabolisme
L’hypothèse la plus répandue est la modification du gaz CS dans le corps humain. L’idée est que le CS serait en partie transformé par le métabolisme en cyanure d’hydrogène puis en thiocyanate. Le schéma explicatif ci-dessous avait été publié par SOS ONU en avril.
Ce mécanisme ne sort pas de nulle part. La transformation du gaz CS en cyanure est même démontrée chez les animaux en cas de forte exposition au CS. La réalité de ce phénomène chez l’homme a donc été étudiée. Après évaluation, son rôle dans la toxicité du gaz CS a été écarté.

En 2001, une revue de littérature (résumé du savoir existant sur un domaine) intitulée «Agents de contrôle des émeutes : pharmacologie, biochimie et chimie», s’est penchée sur la formation de cyanure à partir de CS chez l’homme :

«La formation de cyanure d’hydrogène à partir de CS a été le sujet de plusieurs études chez l’animal et chez l’humain. […] Des études visant à déterminer la quantité de cyanure produite, mesurée par le taux de thiocyanate dans le sang, chez des humains exposés au CS ont été conduites. Les résultats de ces études trouvent des niveaux de thiocyanate plasmiques négligeables». En clair, la métabolisation du CS peut créer du cyanure mais en très petite quantité.

En 2013, le scientifique néo-zélandais Léo Schep publie un article sur le mécanisme d’action des gaz lacrymogènes. Il y écrit que «des niveaux minimums de cyanure et thiocyanate peuvent apparaître dans les urines après une exposition orale ou par intraveineuse au CS». Il ajoute que «dans des circonstances normales, on ne pense pas que suffisamment de cyanure soit libéré pour causer des effets systémiques».

CheckNews l’a contacté pour mettre à jour et préciser son propos : «Le cyanure ne contribue pas à la toxicité du CS, il s’agit d’un sous-produit très mineur issu du métabolisme du CS par le corps».

Enfin, un article plus récent (2016) sur le mécanisme d’action des gaz lacrymogènes ne parle pas du tout d’effet lié au cyanure. Son auteur, Sven-Eric Jordt, affirme à CheckNews qu'«il n’y a pas de preuve d’une intoxication au cyanure due aux gaz lacrymogènes».

Notons enfin que la question du cyanure n’est évoquée ni par le site Désarmons-les, un collectif «contre les violences d’État» dans son article de 2018 (Ce qu’il faut savoir sur les lacrymo) ni par la Coordination des premiers secours (qui regroupe les street medics) dans son article de 2019 Le gaz lacrymogène, ses effets et comment s’en protéger.

Des victimes dues à une surexposition ?
La dangerosité des gaz lacrymogènes est avérée sans aller chercher une intervention du cyanure. Les effets du CS vont du picotement dans les yeux et la gorge à faible concentration et en cas d’exposition courte au risque mortel (très rare) en cas de forte concentration dans un milieu confiné sans possibilité de fuite. Les victimes auxquelles CheckNews a pu parler dans le cadre de cette enquête évoquent des symptômes qui persistent plusieurs semaines. Elles ont été exposées toutes les semaines aux gaz et parfois pendant plusieurs minutes sans pouvoir sortir du nuage. Des conditions qui s’éloignent des circonstances habituelles.

Mediapart a récolté plusieurs témoignages faisant état «de problèmes de santé liés à l’utilisation massive et répétée du gaz lacrymogène». En effet, le nombre de munitions tirées et la récurrence des mouvements toutes les semaines amènent les manifestants dans des niveaux d’expositions élevés et aux conséquences peu documentées.

«D’éventuelles conséquences à long terme des expositions au gaz lacrymogènes peuvent être envisagées, en particulier au niveau respiratoire (broncho-pneumopathies chroniques obstructives…) dans le cas d’expositions importantes et répétées, mais elles sont relativement peu documentées dans la littérature (souvent lors d’expositions professionnelles d’ailleurs)», explique Jean-Marc Sapori.

Dans son guide toxicologique publié en 2003, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), note que «La toux et la dégradation de la fonction respiratoire engendrées par une exposition au CS peuvent se prolonger pendant plusieurs mois. […] Toutefois, ces effets s’observent généralement lorsque les individus ont été exposés au CS de manière prolongée dans un espace confiné ou lorsqu’ils souffrent d’une maladie pulmonaire préexistante» (en page 176).

Une enquête de suivi nécessaire
Trois articles scientifiques de 2017, 2014 et 2015 soulignent les potentiels effets «sérieux» du gaz CS sur la santé humaine (sans parler de cyanure) et le manque de données de qualité sur le sujet. Les chercheurs pointent du doigt les limites des données existantes sur les effets des gaz lacrymogènes et appellent à plus de recherches sur le sujet.

Interrogé par CheckNews, Sven-Eric Jordt, chercheur à la Duke University School of Medicine, regrette «l’écart entre la hausse de l’utilisation des gaz lacrymogènes par les gouvernements et la faiblesse des recherches sur leurs effets». Il aimerait voir menées «des études de suivi».

Jean-Marc Sapori plaide aussi pour un suivi du sujet, eu égard au caractère inédit du mouvement des gilets jaunes : «Nous sommes face à un cas atypique d’exposition répétée sur de nombreuses semaines aux gaz lacrymogènes qui mériterait une enquête épidémiologique sérieuse afin de mieux décrire les conséquences sanitaires de cette exposition chronique».

Une situation exceptionnelle décrite par la coordination premier secours qui parle de manifestants se trouvant «soudain noyés dans le gaz lacrymo, avec plus d’une cinquantaine de palets fumant en même temps». Des conditions aggravées par les «techniques dites «de nasse» où les manifestants (et de malheureux passants) se trouvent pris au piège, sans aucune échappatoire, dans un air irrespirable». Dans de telles situations, les victimes de ces gaz «sont pliées en deux, cherchant de l’air contre les murs des bâtiments, voire prostrées au sol, apeurées, aveuglées, incapables de reprendre leur respiration».

Si vous souhaitez signaler des cas de séquelles durables en raison de l’exposition aux gaz lacrymogènes, la rédaction de Checknews est joignable par mail sur checknews@libe.fr ou sur twitter: @CheckNewsfr.

Gilets jaunes: à quoi s'attendre pour ce 26ème samedi de mobilisation

Une semaine après la plus faible mobilisation enregistrée depuis le début de leur mouvement, les gilets jaunes tenteront ce samedi de remobiliser en province.
A l'approche des élections européennes et quelques jours avant de fêter six mois de marches hebdomadaires et occupations de ronds-points, les gilets jaunes se cherchent un nouveau souffle après un acte 25 ayant mobilisé, dans la foulée du 1er mai, moins de 19.000 personnes selon un décompte du ministère de l'Intérieur régulièrement contesté par les manifestants. Deux manifestations d'ampleur sont annoncées à Lyon et Nantes.

A Nantes, 500 ultras attendus
Environ "2.000 manifestants dont 500 ultras" sont attendus samedi à Nantes pour le 26e samedi de mobilisation des gilets jaunes, a annoncé vendredi la préfecture de Loire-Atlantique, qui déploiera un dispositif de forces de l'ordre "jamais atteint" dans la ville depuis le début du mouvement.

"Nous anticipons demain (samedi) le rassemblement de 500 membres de l'ultra-gauche, ils ont appelé à un rassemblement massif et déterminé", a déclaré Claude d'Harcourt, le préfet de Loire-Atlantique, en conférence de presse.

"Ces ultras sont des acteurs qui veulent attaquer les forces de l'ordre, les symboles de notre société c'est-à-dire nos institutions", ainsi que les acteurs économiques, a-t-il ajouté, précisant avoir été informé "d'achats dans des officines spécialisées, notamment de mortiers agricoles qui sont des armes par destination extrêmement dangereuses" car assourdissantes.

"Nous aurons un niveau de forces de l'ordre (...) jamais atteint sur Nantes depuis 25 épisodes", a souligné le préfet, qui a refusé toutefois de communiquer les effectifs exacts. "Nous demandons à ceux qui veulent manifester pacifiquement de ne pas mettre en œuvre leur intention", afin de "ne pas donner prise à ceux qui veulent en découdre".

Jérôme Rodrigues présent à Lyon
La capitale des Gaules a également été désignée comme principal lieu de rassemblement des gilets jaunes. La figure médiatique des gilets jaunes, Jérôme Rodrigues, gravement blessé à un œil lors d'une précédente manifestation, devrait participer à ce rassemblement.

"La manifestation a été déclarée, et son parcours évitera les zones interdites par la préfecture. Le rendez-vous est donné place Bellecour dès la mi-journée pour un départ à 14h00", a indiqué Fabrice, de l'inter-coordination gilets jaunes du Rhône, qui dit attendre 9000 participants. Un barbecue géant, autorisé par la préfecture jusqu'à 23h, sera organisé au parc Gerland.

Difficile toutefois d'anticiper l'affluence réelle, les manifestations nationales organisées en régions ayant été diversement suivies. Sur Facebook, l'événement rassemble 5200 personnes intéressées.

A Paris, une manifestation en soutien aux enseignants
Comme chaque semaine, les gilets jaunes marcheront aussi à Paris, cette fois au départ de Jussieu "en soutien aux enseignants" pour protester contre la loi Blanquer, deux jours après une mobilisation nationale des fonctionnaires soutenue par les gilets jaunes.

Sur l'événement Facebook "Acte 26 GJ contre la loi Blanquer / soutiens aux enseignants", 441 personnes se sont dites intéressées. Les organisateurs ont déclaré en préfecture la manifestation, qui passera notamment par la place d'Italie avant de se disperser au niveau de la Bibliothèque François Mitterrand.

A Strasbourg, un rassemblement devant un meeting de Nathalie Loiseau
A Strasbourg, le groupe "Gilets Jaunes Alsace" appelle à se rassembler samedi devant le Palais des congrès, où la tête de liste LaREM pour les européennes, Nathalie Loiseau, tient un meeting dans l'après-midi avec Edouard Philippe. Le texte de l'appel évoque un "contre-meeting" face au "parti de Macron, président des riches", qui "vient ce samedi faire sa propagande".

"Faisons entendre nos revendications à cette occasion, car ce sont celles de la majorité de la population, contrairement à leur enfumage permanent destiné à protéger les puissants", écrivent les organisateurs de la manifestation sur la page Facebook dédiée à cet événement.

Des interdictions de manifester
A Paris, la préfecture a de nouveau fermé l'accès aux Champs-Elysées, dans un périmètre comprenant l'Elysée et l'Assemblée nationale, ainsi que le secteur de Notre-Dame.

A Lyon, face aux risques de "troubles à l'ordre public" selon le préfet du Rhône, le périmètre d'exclusion a été élargi à quatre zones commerçantes. Outre les artères commerçantes de la Presqu'île, l'interdiction de manifester concerne les quartiers des gares Part-Dieu et Perrache, ainsi que dans le Vieux-Lyon.

Pour la marche de Nantes, la préfecture de Loire-Atlantique a aussi étendu la ceinture d'interdiction dans le centre-ville. Le dispositif comporte également, pour la première fois, des contrôles préventifs routiers et ferroviaires dès vendredi soir aux abords en Loire-Atlantique et dans les départements limitrophes, selon la gendarmerie.

Des périmètres seront également interdits aux manifestants dans les centre-villes de Lille, Dijon, Toulouse, Rouen, Bordeaux, ou Orléans.

Le consulat français de Genève peint en jaune pour dénoncer les violences policières

’action a été revendiquée par le groupe G.I.L.E.T, qui dénonce les violences policières à l’encontre des gilets jaunes, de même que la vente des flashballs par la Suisse à la France.

La façade du Consulat de France à Genève a été tachée de peinture jaune dans la nuit de lundi à mardi par deux individus en solidarité avec des gilets jaunes français. «Nous avons déjà porté plainte», nous indique-t-on au consulat qui n’a pas souhaité commenter davantage. L’action a été revendiquée sur le site renversé.co par le G.I.L.E.T (Groupe Intergalactique des Luttes Emancipatrices Transfrontalières). Ses auteurs dénoncent les violences policières

Gilets jaunes : Paris, Rouen, Saint-Nazaire… Voici les points chauds de l’acte 21 de la mobilisation

Les Gilets jaunes ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation samedi pour l'acte 20 du mouvement. Plusieurs interdictions de manifester ont déjà été prises.
Malgré une mobilisation en baisse samedi dernier (33.700 selon le ministère de l’Intérieur, 102.713 selon le Nombre jaune), les Gilets jaunes ne se découragent pas et ont lancé plusieurs appels à manifester sur les réseaux sociaux pour l’acte 21 de la mobilisation entamée le 17 novembre. Pour éviter les violences de l’Acte 18, le gouvernement va mobiliser 6.300 CRS et gendarmes dont 2.000 à Paris. Plusieurs interdictions de manifestations ont également été prises dans certains lieux sensibles de Paris mais aussi en régions.

Deux rassemblements à Paris
Dans la capitale, ce sont deux manifestations qui devraient avoir lieu. La première a été déclarée et autorisée. Elle doit s’élancer de la place de la République à 13h pour rejoindre l’esplanade de La Défense en passant par Neuilly-sur-Seine. Son mot d’ordre, "pour une justice fiscale, sociale et écologique", condamne la "politique néolibérale qui appauvrit la France". La vidéo de présentation de l'événement vise plusieurs sociétés comme la Société générale, Suez, Areva ou Total.

Un autre événement Facebook nommé "Acte 21 Paris Va Bientôt Trembler!" est aussi prévu mais aucun lieu de rassemblement n’a été donné. Une des figures des Gilets jaunes, Maxime Nicolle a confirmé qu’il serait à Paris samedi mais n’a pas précisé le rassemblement auquel il participerait.

Pour contenir d'éventuelles violences, et comme lors des deux précédents samedis, la préfecture de police a pris un arrêté interdisant tout rassemblement "de personnes se revendiquant des 'Gilets jaunes' avenue des Champs-Elysées et dans un périmètre comprenant la présidence de la République et l’Assemblée nationale".

Appel national à Rouen
En régions plusieurs manifestations sont prévues à Dijon, Lyon, Marseille, Nantes, Bordeaux ou Strasbourg. Mais la principale mobilisation pourrait avoir lieu à Rouen où, à l’image des précédents rassemblements à Avignon ou Bourges, un appel national a été lancé. En réaction, la préfecture a interdit les manifestations dans le centre-ville pour le troisième week-end consécutif. Même chose à Caen, où une telle décision est prise pour la première fois.

A Toulouse, l’un des épicentres de la mobilisation, les manifestants appellent à venir "masqué" pour le "carnaval des Gilets jaunes". La place du Capitole a une nouvelle fois été interdite aux manifestations des Gilets jaunes. Enfin, les manifestants de la Haute Corrèze ont appelé à se rassembler à Bort-les-Orgues. Vendredi midi, 1.700 personnes se disaient intéressées par l'événement alors que la commune ne compte que 2.700 habitants.

"Assemblée des assemblées" à Saint-Nazaire
Enfin, à Saint-Nazaire, environ 500 Gilets jaunes, sont attendus dès ce vendredi et pour tout le week-end pour leur seconde "Assemblée des assemblées". Au programme, trois jours de débats autour du mouvement, ses modalités, ses revendications et ses suites. Fin janvier, la première édition de "l'Assemblée des assemblées", organisée à Commercy (Meuse), avait réuni environ 300 personnes représentant 75 groupes locaux.

L'incroyable projet de Bercy qui va rendre vert les gilets jaunes

Bercy aurait trouvé un moyen très astucieux de réduire le déficit grâce à une nouvelle taxe qui en année pleine rapporterait près d'un milliard d'euros. Mais le président n'a pas l'air convaincu, les économistes sont divisés, et des députés voudraient créer des niches fiscales. Récit d'une note hallucinante qui pourrait bientôt signer la fin du gilet jaune sur nos routes. 


"Ils osent vraiment tout à Bercy", se serait emporté le président de la République, parodiant Michel Audiard, le réalisateur des Tontons flingueurs, film-culte de l’hôte de l’Elysée. D’habitude maître de ses nerfs autant que des horloges, l’époux de Brigitte Macron est tombé dans une colère noire en lisant une note rapportée par son conseiller à l’économie, note émanant du ministère de l’Economie dans le quartier de Bercy à Paris.

Mais avant d’en dévoiler le contenu, il faut revenir sur le contexte économique de ce printemps 2019. L’équation budgétaire reste un véritable casse-tête pour le gouvernement. Et ce n’est pas la croissance de 2018 à 1,6 % plutôt que 1,5 % qui y changera grand-chose. Le déficit public et la dette publique restent à des niveaux élevés. Le gouvernement est au pied du mur : il doit réussir à juguler la dépense, tout en réduisant la dette et sans augmenter la pression fiscale. Aussi bien à Bercy, Matignon qu’à l’Elysée, on se souvient que les mouvements observés à l’automne et durant tout le l’hiver sur les ronds-points français sont nés de l’annonce d’une taxe.

La révélation que Bercy travaille à une taxe sur le gilet fluorescent a donc tout du bâton de nitroglycérine. Nous sommes en mesure de vous le révéler : c’est la direction générale du Trésor qui a été à la manœuvre. Investis par Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, leurs ministres de tutelles, les fonctionnaires ont été priés de trouver de nouvelles recettes et, tel Christophe Colomb découvrant le Nouveau monde, ils sont arrivés indirectement à leurs fins. "Il y a en France 33 millions de véhicules particuliers et autant de gilets fluorescents. Et on ne paie que la TVA sur ce gilet",  explique Céline Z… haute fonctionnaire de Bercy qui a travaillé sur ce projet top secret. D’où l’idée particulièrement astucieuse, prouvant la dextérité intellectuelle de la haute administration : en taxant le gilet fluorescent, c’est l’assurance de trouver 33 millions de contribuables. Sauf qu’aujourd’hui tous les Français sont équipés de gilets jaunes.

Il en faut plus pour décourager les hauts fonctionnaires de Bercy. Une astuce a vite été trouvée : il faut rendre le gilet jaune obsolète en décrétant le port d’un gilet vert obligatoire, gilet vert qui sera surtaxé. "Un gilet vert c’est super, s’est aussitôt enthousiasmé Daniel Cohn Bendit qu’on sait pourtant proche d’Emmanuel Macron. Ainsi l’automobiliste fera savoir qu’il est écolo et chaque fois qu’il enfilera son gilet il se souviendra que son automobile est un problème majeur. Et qu’on vienne pas me dire que c’est un truc de bobos, parce que la terre c’est notre avenir je le disais encore à Nicolas Hulot la semaine dernière, en regardant un match de foot….."  (on n’a pas tout écouté).

Daniel Cohn Bendit veut donc imposer un amendement pour que le nouveau gilet soit fabriqué en coton bio et made in France. Outre l'effet d'image, ce choix augmentera la valeur marchande du nouveau gilet, et donc le montant des taxes. Une vraie mine d'or... Certains députés LREM voudraient que les Français nécessiteux, gagnant moins de 7 500 euros par mois, soient exonérés de cette taxe qui leur serait versée via un trop plein sur l'impôt sur le revenu, qui viendrait en déduction du prélèvement à la source sur les six premiers mois de l'année, tandis que les contribuables exonérés recevraient un chèque "gilet" en déduction de leur prime pour l'emploi, minorée toutefois du montant de leurs aides aux logements. Ce afin de maintenir un peu de justice fiscale. 

Bio ou pas, avec ou sans exonération pour les plus fragiles, obliger les Français à s’équiper contribuera à relancer la consommation des ménages et fera rentrer de l’argent dans les caisses de Bercy. Les recette attendues sont entre 100 et 300 millions d’euros, selon la qualité du gilet envisagée. La note a été approuvée et transmise. Et à Bercy, certains ignorant le courroux de Jupiter, réfléchissent déjà à repeindre en noir les triangles de signalisation avec le même objectif : provoquer un renouvellement et faire entrer de l’argent dans les caisses. "Le détecteur de fumée pourrait bientôt devenir obligatoirement arc en ciel", nous a confié un inspecteur de finances tout de gris vêtu, "il faut faire un geste pour les LGBT+".

En attendant, le débat économique pointe et la polémique n’est pas loin. Sylvie Lafleur, membre du collectif des économistes approximatifs, n’a pas attendu longtemps pour réagir devant une caméra qu'elle voit plus souvent que ses étudiants : "Une fois encore ce gouvernement prouve qu’il n’a rien compris aux enjeux économiques et sociaux. Il est urgent de relancer la consommation des ménages en offrant à tout le monde des gilets violets qui seraient financés via la dépense publique qui seule assure la croissance à long terme".

De quoi faire réagir son collègue Robert Dulong, du think tank "Economie suffisante et déconnectée du réel", lui aussi davantage agrégé de BFM que de l'Université : "Bercy a une très bonne idée. Il n’y a que le signal prix qui est opérant quand on maîtrise la dérivée seconde et l’optimisation sous contrainte en dynamique poussée, ce qui, croyez-moi, n’est pas vraiment le cas des économistes approximatifs. Tout ça pour vous dire que l’idée est bonne. Tout le reste, c’est du blabla". Avant de nous confier "si vous pouviez faire passer l’idée qu’un gilet anglais serait plus élégant dans votre article. On ne ressemble vraiment à rien avec ces trucs jaunes, où on ne peut même pas glisser une montre à gousset."

Qui gagnera la bataille ? Personne ne le sait encore. Après son emportement initial, le président Emmanuel Macron se serait laissé convaincre par ses visiteurs du soir, Stéphane Bern et Line Renaud, toujours très écoutés. Le spécialiste de l’anachronisme historique et la chanteuse pré yéyé, ont insisté : "il faut changer la couleur des gilets jaunes", Line Renaud s’est même engagée à chanter une chanson sur les nouveaux gilets verts. "Pour séduire les jeunes de 60 ans, je suis prête à tout", a expliqué l’inoubliable interprète de Ma cabane au Canada.

Une chose est sûre, nous explique un éditorialiste de renom qui préfère rester discret "Avec une seule mesure, Macron réussirait un doublé  : fini les gilets jaunes ringardisés par le nouvel habit vert et bienvenue les recettes excédentaires. Un génie comme lui ne peut pas passer à côté de cette idée majeure ! " A moins que le système D des Français ne l’emporte. Des filières clandestines de fabrication de gilets verts se seraient déjà mises en place et seraient à l’œuvre. Selon nos observations, on trouverait actuellement des gilets verts en vente au pied du métro Barbès à Paris. Ils s’écouleraient à 10 euros les 100 et échapperaient ainsi à la fameuse taxe. Pas de quoi inquiéter ABC Gilets, le fabricant officiel des gilets fluorescents qui annonce avoir reçu une importante commande. Une bonne nouvelle pour l’emploi. L'entreprise prévoit l'ouverture d'un nouveau site pour assurer les cadences de production. 

                                       .Photo Gilet Jaune,Défilé Et Massacre

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Accident ou violence policière ? Les versions divergent sur la blessure à Nice de Geneviève Legay, 73 ans

La militante est tombée lors d’un mouvement de foule à la manifestation de « gilets jaunes » interdite à Nice, samedi.


« J’ai 80 ans, n’en déplaise à Macron, je manifeste » : voilà ce qu’on pouvait lire sur les pancartes place Garibaldi, à Nice, lundi 25 mars au soir. Plusieurs centaines de personnes s’étaient déplacées pour afficher leur soutien à Geneviève Legay, blessée lors d’une manifestation de « gilets jaunes » interdite par la préfecture samedi.

Figure militante locale depuis plus de quarante ans, cette femme de 73 ans portait un gilet jaune à la main en signe de soutien au mouvement quand elle a décidé de braver l’interdiction de manifester sur la place Garibaldi, en plein centre-ville de Nice, samedi matin. La septuagénaire, tee-shirt noir et immense drapeau arc-en-ciel barré du mot « paix », symbole des altermondialistes, était venue « pour le simple droit de manifester ». C’est d’ailleurs ce qu’elle scandait juste avant de tomber violemment sur le sol après une charge des forces de l’ordre visant à disperser les manifestants.

Lundi soir, le procureur de la République de Nice, qui avait ouvert dès samedi après-midi « une enquête classique en recherche des causes des blessures », a affirmé que Geneviève Legay n’avait « pas été touchée intentionnellement », et n’a eu « aucun contact avec un agent de sécurité ». « Elle a été poussée, la chute est intervenue alors que les forces de l’ordre intervenaient pour une action de dispersion », a précisé Jean-Michel Prêtre lors d’une conférence de presse. Mais « il est difficile de savoir qui exactement était derrière elle », a-t-il ajouté.

Selon Me Arié Alimi, l’avocat de la famille, de nouvelles images de la chaîne d’information CNews sembleraient au contraire indiquer que Mme Legay a été poussée par un policier. Les images sont difficiles à interpréter, car quasiment hors champ, mais l’avocat en est certain : « Après avoir comparé les différentes vidéos, on voit bien que la personne poussée délibérément par le policier ne peut être que Geneviève Legay. Nous réclamons la démission du procureur de Nice compte tenu de ces nouvelles images », a-t-il déclaré au Monde.

Les filles de Geneviève Legay ont déposé plainte lundi contre X pour « violences volontaires » et pour « subornation de témoin », ainsi que contre le préfet des Alpes-Maritimes pour « complicité de violences volontaires aggravées ». Elles dénoncent une tentative de subornation de témoin de la part des policiers qui seraient venus dès samedi dans la chambre d’hôpital de leur mère, alors que celle-ci était encore sous le choc et très confuse, pour lui « faire dire que c’était un cameraman qui l’avait bousculée, et pas les forces de l’ordre ». Ils seraient revenus deux fois le lendemain matin. « Elle a évidemment refusé de changer son témoignage, précise l’une de ses filles. C’est une histoire de fou. Depuis quarante ans que maman va en manif, on n’avait jamais vu ça. »

Polémique
A Nice, comme dans la presse internationale ainsi que sur les groupes Facebook de « gilets jaunes », l’image de cette femme, chevelure blanche et drapeau arc-en-ciel à terre, est venue raviver les polémiques autour des violences policières dénoncées par l’opposition et les militants depuis le début du mouvement.

Après plus de quatre mois de tensions incessantes, et un regain de violences à Paris début mars, la préfecture des Alpes-Maritimes et la mairie de Nice avaient interdit pour la première fois rassemblements et manifestations dans le centre-ville, craignant des débordements à la veille de l’arrivée d’Emmanuel Macron et de son homologue chinois, Xi Jinping.

Le chef de l’Etat a aussi suscité la polémique lundi dans les colonnes de Nice-Matin en souhaitant à Geneviève Legay un « prompt rétablissement », mais aussi, « peut-être, de la sagesse », en rappelant que la militante n’avait rien à faire là, compte tenu de son âge et surtout du périmètre d’interdiction établi par la préfecture de Nice. « Pour avoir la quiétude, il faut avoir un comportement responsable. »

« Ils ont chargé. On n’a rien compris »
Raphaël Pradeau, membre d’Attac 06 dont Geneviève Legay est porte-parole, parle, lui, de la septuagénaire comme de quelqu’un d’« extrêmement sage ». S’étranglant sur les propos du président, il estime que, « avec quarante ans d’engagement derrière elle, [Geneviève Legay] sait bien que, si on commence à s’habituer à renoncer à manifester parce que le gouvernement l’interdit, alors nous ne sommes plus en démocratie ». Cette femme est bien connue dans le milieu associatif niçois : membre de la CGT, militante féministe, écologiste, engagée dans le commerce équitable et animant un restaurant solidaire (désormais fermé), elle est décrite comme « un personnage incontournable » pour les citoyens engagés du coin.

Si Emmanuel Macron a jugé que la définition de périmètres d’interdiction, « nécessaire », avait « été mise en œuvre avec professionnalisme et mesure à Nice », c’est bien ce que conteste, entre autres, l’avocat de la famille, Me Arié Alimi, aussi membre de la Ligue des droits de l’homme. « Qu’il y ait une interdiction de manifester, que la manifestation soit faite sans déclaration, cela importe peu : du point de vue du droit, la question est de savoir si la charge des forces de l’ordre était proportionnée ou pas », dit-il.

Lire aussi « Gilets jaunes » : Macron souhaite « un prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse » à la manifestante blessée à Nice
Selon Radija Boukhalfa, une militante présente aux côtés de Geneviève samedi, la charge fut « extrêmement rapide » et « sortie de nulle part », contredisant les affirmations du procureur qui expliquait lundi « que la dispersion n’avait pas pu surprendre qui que ce soit. » « Tout se passait bien, on discutait même avec les gendarmes. Ils étaient très tranquilles, raconte la militante. L’ambiance était bon enfant. Puis, on a été poussés de la place Garibaldi, encore dans le calme, vers Masséna. C’est là, en sortant de la place, que j’ai vu des hommes en uniforme, différents de ceux avec qui on parlait depuis le début, qui se sont mis à courir très très vite vers nous et ils ont chargé. On n’a rien compris. »

Les « street medics » en garde à vue
Autre détail qui a suscité l’indignation à Nice comme sur les réseaux sociaux : l’interdiction faite aux « Street medics » (des secouristes militants en blouse blanche, souvent pompiers volontaires ou travailleurs hospitaliers restant aux côtés des forces de l’ordre pendant les manifestations pour intervenir en cas de besoin) de venir en aide à Geneviève Legay une fois à terre. Le groupe, interpellé « par un manifestant et un gendarme » sur son état de santé, a été « interdit de s’approcher », selon Thierry Paysant, un hospitalier et secouriste présent samedi et contacté par Le Monde.

« J’en ai encore les larmes aux yeux, » poursuit-il. « C’est pas ma France. Cette manif, il n’y avait que des papys et des mamies. » Il raconte avoir été bloqué par un commissaire sur la place Garibaldi :

« Après que Geneviève soit tombée, les gendarmes nous ont laissé passer puis un homme au casque blanc et à l’écharpe bleu blanc rouge nous a bloqué le passage. Il a donné l’ordre de nous embarquer direct. Les policiers étaient vraiment mal à l’aise, ils n’arrêtaient pas de s’excuser. »

« Être là, c’est important : la présence d’un secouriste dans les premières minutes augmente la chance de survie de 40 %. D’ailleurs, la même après-midi à Paris, c’est un Street médic qui a fait le massage cardiaque au flic qui a fait son malaise ! D’un côté on nous arrête, de l’autre, on sauve les flics. » Selon les Street Medic 06 « neuf des secouristes » seront embarqués et « laissés en garde en vue pendant plus de neuf heures ».

Quelques instants avant sa chute, Geneviève Legay, interviewée alors qu’elle portait encore son gilet jaune, racontait au micro de CNews qu’elle pensait « avoir touché le cœur des gendarmes » à qui elle parlait de racisme, d’injustice et de sexisme ce matin-là. Au journaliste qui lui demande si elle n’a pas peur, elle répond : « J’ai 73 ans, qu’est-ce qui peut m’arriver ? »

A ce jour, 27 portraits de Macron ont été « décrochés » dans des mairies, 13 activistes passeront devant la justice

Les gendarmes ont reçu des consignes claires pour mettre un terme à cette campagne menée par une ONG.

Les consignes sont claires. Dans une circulaire interne envoyée à toutes les gendarmeries, début mars, la direction générale de la gendarmerie nationale alerte sur la campagne de « décrochage » des portraits officiels d’Emmanuel Macron dans les mairies, lancée le 21 février par des militants d’Action non violente COP21 (ANV-COP21), pour dénoncer le « vide de la politique climatique » du chef de l’Etat.

Dévoilée le 22 mars par un Tweet de l’ex-député européen du Front national Jean-Yves Le Gallou, la missive incite « à recueillir les plaintes des maires ou, à défaut, celles des préfets en substitution, de manière à conforter la réponse pénale des parquets ».

Lorsque les faits sont revendiqués au nom de l’association ANV-COP21, précise la direction, il faut « vérifier que les mis en cause sont membres ou sympathisants de cette association » et « prendre attache avec le BLAT [bureau de la lutte antiterroriste] afin de déterminer les modalités à mettre en œuvre pour rechercher la responsabilité morale de cette association ».

Et un bilan hebdomadaire par le « SCRC », le service central de renseignement criminel, analysera les comptes rendus de police judiciaire « faisant apparaître les termes “portrait président” et/ou “ANV-COP21” ».

Lire pour le comprendre le contexte : Le portrait de Macron « enlevé » par des militants de la lutte pour le climat dans une mairie parisienne
« Les gendarmes devraient avoir d’autres priorités »
A ce jour, vingt-sept portraits ont été enlevés. Trente-cinq activistes ont été auditionnés par la police, dont vingt et un sous le régime de la garde à vue, selon l’avocat de l’ANV-COP21, Alexandre Faro. Neuf personnes ont été convoquées en vue d’un procès à Paris le 11 septembre 2019, deux à Strasbourg le 26 juin et deux à Lyon le 2 septembre. « Il est très choquant que ces décrochages symboliques puissent être considérés comme des atteintes à la sûreté de l’Etat », estime Alexandre Faro.

« Le gouvernement veut faire taire les activistes qui dénoncent le décalage entre ses discours et ses actes, juge Jon Palais, porte-parole d’ANV-COP21. Ils n’assument pas leur politique. Ils pourraient dire comme Trump [le président des Etats-Unis] que le climat, cela ne compte pas. »

Pour ce militant, qui revendique l’action non violente et dit que le préjudice matériel est infime – « ce portrait vaut tout au plus quelques euros » –, la réaction est de l’ordre du symbolique. « Les gendarmes devraient avoir d’autres priorités dans la conjoncture actuelle », assène Jon Palais.

Du côté de la gendarmerie nationale, on assure qu’il s’agit d’une « procédure courante », d’un « message assez habituel ». Interrogé par Le Monde, le ministre de la transition écologique et solidaire critique cette campagne lancée par ANV-COP21. « Je la trouve particulièrement malvenue dans le contexte de remise en cause violente des institutions démocratiques, c’est-à-dire de la légitimité des urnes, confie François de Rugy. J’ai l’impression que le “spectaculaire” de l’action cache le vide de propositions. »

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et pourtant tout ce que demande les gens du peuple c de vivre désâment de vivre juste mieux la plus pars des personne qui produise la main d'oeuvre Francaise vive avec 1100 euro pars moi pour des boulot souvent Ingra ou avec une pénibilité accrue des gens qui trime tous le jour de 8h a 18h et quand il oses en demander un peut plus on les massacre
serions nous revenue aux moyen age ?


and yet all that the people demand to live disastrously to live just better the better part of the person who produces the livelihood French labor with 1100 euro leave me for jobs often Ingra or with increased hardship of the people who work all day from 8am to 6pm and when he dares to ask for one more may they be massacred
would we have returned to the Middle Ages?

Que préparent les Gilets jaunes pour l’acte 17 de ce week-end ?

Comme chaque samedi, plusieurs points de rendez-vous ont été fixés par les différents groupes de contestataires, à Paris et en régions.

Certains promettent que ce sera « une grosse date ». L’enchaînement des journées d’action des Gilets jaunes, qui a fini par lasser une partie de la population, devrait se poursuivre ce samedi. L’« acte 17 » serait même un « acte décisif », selon l’appel à manifester de l’une des franges dominantes du mouvement.

A l’approche de la fin initialement prévue du Grand débat national - qu’Emmanuel Macron compte finalement repousser -, les Gilets jaunes visent en effet un mois de mars « intense », avec davantage encore de manifestations qu’à l’accoutumée. Retour sur ce qui est prévu ce week-end à Paris et en régions.

Dès ce vendredi

Selon les groupes Facebook de certains leaders, cette fois, la mobilisation commence dès ce vendredi. D’une part, parce que des femmes actives du mouvement comptent se joindre aux manifestations liées à la Journée Internationale des Droits des Femmes. D’autre part, parce que la forme choisie cette fois n’est plus seulement un « samedi jaune » mais tout un week-end.

La page de La France en colère, le groupe Facebook de Gilets jaunes notamment alimentée par la figure Priscillia Ludosky, appelle au rassemblement dès ce vendredi, à 18h30, au Champ-de-Mars à Paris, et jusqu’au lundi 11 mars à 6h30.

Un « énorme sit-in » à Paris

Associé à Priscillia Ludosky et Eric Drouet, Maxime Nicolle (alias Fly Rider) annonçait dans ses vidéos en direct de février qu’« un énorme sit-in va paralyser la capitale », sur le Champ-de-Mars. « Camping & convivialité… On dort sur place » prévient également la page La France en colère, qui invite « toute la France à Paris ».

Une conférence, à laquelle n’importe quel Gilet jaune pouvait s’inscrire, a même eu lieu fin février dans le 13e arrondissement pour organiser au mieux le fameux week-end. Certains rêvent même d’« assiéger » Paris et d’arriver à camper jusqu’au week-end suivant, date initiale de la fin du Grand débat. Un événement « Ultimatum Gilets Jaunes » a même déjà été créé en vue de l’acte 18, le 16 mars.


Pique-nique, débats…

Comme d’habitude, la guéguerre entre les leaders se manifeste chaque samedi avec une confusion dans les appels à se rassembler. Au-delà des influents Priscillia Ludosky, Eric Drouet, Maxime Nicolle ou Jérôme Rodrigues - tous assez proches -, d’autres groupes Facebook donnent des rendez-vous dans la capitale. A l’image du Conseil national de la résistance des Gilets jaunes, qui appelle à la « Libre parole » samedi à 14 heures place de la République. Ou des Gilets jaunes citoyens qui donnent, eux, rendez-vous sur le Champ-de-Mars également pour un « pique-nique » à partir de 14 heures. Ou encore des Incorruptibles Gilets jaunes, à 11 heures place de l’Etoile. Contrairement au samedi précédent, les rassemblements et cortèges semblent se concentrer autour de la Tour Eiffel puis plutôt sur la rive droite.

Des rendez-vous en régions aussi

Si la plupart des leaders tentent depuis longtemps de réunir tous les contestataires dans la capitale, espérant un chiffre de participation plus percutant, des rassemblements sont aussi prévus en régions. Notamment dans les villes qui se sont fortement mobilisées jusque-là comme Bordeaux, où le rendez-vous est donné à 13 heures place de la Bourse, mais aussi Toulouse, à 13h30 à Jean Jaurès, ou encore Lille, à 12h30 sur la place de la République.

Gilets jaunes: l'ONU réclame à la France une enquête sur "l'usage excessif de la force"

Plusieurs formations politiques, notamment à gauche, estiment que policiers et gendarmes ont fait usage de ripostes démesurées face aux gilets jaunes.

L'ONU s'immisce dans la crise des gilets jaunes. Ce mercredi, l'organisation internationale a fait savoir qu'elle réclamait à l'État français de mener une "enquête approfondie" sur "l'usage excessif de la force" par la police et la gendarmerie contre les manifestants.

Dans le collimateur de la Haut-Commissaire aux droits de l'homme: les violences policières qui se seraient produites depuis la mi-novembre. Elles font régulièrement l'objet de protestations de la part de formations politiques, notamment La France insoumise.

La France aux côtés du Zimbabwe et du Soudan
"Nous encourageons le gouvernement (français) à poursuivre le dialogue et demandons urgemment une enquête approfondie sur tous les cas rapportés d'usage excessif de la force", a déclaré Michelle Bachelet dans un discours prononcé devant le Conseil des droits de l'homme à Genève.

L'ancienne présidente chilienne a rappelé que "les inégalités touchent tous les pays" et que "même dans des États prospères, des gens se sentent exclus des bénéfices du développement et privés de droits économiques et sociaux".

Elle n'a toutefois cité que la France comme pays prospère, mais a dénoncé les répressions violentes des manifestations qui se sont produites récemment au Soudan, au Zimbabwe et en Haïti.

L'IGPN saisie d'une centaine de cas
Les manifestants "réclament un dialogue respectueux et de vraies réformes. Et pourtant, dans plusieurs cas, ils sont accueillis par un usage violent et excessif de la force, par des détentions arbitraires, des tortures et même selon certaines informations des exécutions extra-judiciaires", a-t-elle déploré.

Depuis le début en France du mouvement de contestation des "gilets jaunes" à la mi-novembre, l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN) a été saisie d'une centaine de cas d'accusations de violences policières.

Plusieurs manifestants affirment avoir été blessés par des tirs de lanceur de balle de défense (LBD), une arme qui suscite de vives controverses en France.

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